Monde

Israël déchire la «feuille de route»

Malgré la publication de la feuille de route, la poursuite des agressions israéliennes n’augure rien de bon d’un retour au calme et au dialogue. Au contraire, les agressions et les arrestations se sont poursuivies sur fond de visites de diplomates occidentaux, à commencer par le secrétaire d’Etat américain Colin Powell.
Jeudi, deux Palestiniens ont encore été victimes des tirs de l’armée israélienne à Beit Hanoun. Leur mort est venue s’ajouter à celles de trois autres Palestiniens survenues plus tôt dans la journée dans le même secteur.
Khalil Qarmout, 31 ans, a été tué dans le camp de Jabaliya. Auparavant, Mohammad Al-Zaanin, 12 ans, et Nidal Akrim, 22 ans, avaient été assassinés au cours d’échanges de tirs dans la localité voisine de Beit Hanoun.
Au moins dix Palestiniens ont également été blessés, dont trois grièvement, au cours de cette énième incursion déclenchée dans la nuit au nord de la bande de Ghaza. Cette agression, appuyée par une trentaine de chars, quatre bulldozers et deux hélicoptères d’assaut, a été présentée comme une opération de «perquisitions et d’arrestations d’activistes palestiniens recherchés». à Beit Hanoun, l’armée a indiqué avoir «occupé des positions à partir desquelles des roquettes Qassam ont été tirées contre le territoire israélien», notamment la localité de Sdérot. Dans son communiqué, elle a précisé que «deux engins explosifs et des grenades avaient été lancés contre les forces israéliennes, sans faire de blessés».
Au cours de la nuit de mercredi à jeudi, dix Palestiniens, dont un activiste du Djihad islamique près de Beit Lahm, avaient déjà été arrêtés en Cisjordanie.
Ce jeudi, jour de la «Nakba» -en référence à l’exode de 760.000 Palestiniens fuyant les combats ou chassés de leurs maisons lors de la création de l’Etat d’Israël en 1948, le Conseil législatif palestinien a tenu une session spéciale à Ramallah. Dans un discours prononcé à cette occasion, Yasser Arafat a dénoncé une «conspiration» dirigée selon lui contre les efforts de paix palestiniens.
«Nous avons clairement annoncé notre choix stratégique de la paix pour obtenir un Etat palestinien avec Jérusalem (est) pour capitale mais il y a une conspiration contre nous», a déclaré le président de l’Autorité palestinienne.
«Aucune paix n’est possible sans un retrait complet d’Israël des terres palestiniennes et arabes occupées depuis le 4 juin 1967 et le démantèlement de toutes les colonies établies dans les territoires», a-t-il souligné. Le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz a, quant à lui, qualifié de «mauvais pour Israël, dans sa forme actuelle» le plan de paix israélo-palestinien. Selon lui, des amendements doivent être apportés à cette feuille de route, des propos que M. Mofaz a tenus au Jerusalem Post à quelques jours de la rencontre entre Ariel Sharon et George W. Bush, prévue le 20 mai à la Maison blanche. Une administration américaine qui a continué d’appeler jeudi aux «compromis» de la part des deux parties. Colin Powell a estimé que «nous continuons à avoir une situation difficile au Proche-Orient (…), nous ne pouvons pas rester là où nous sommes». Le gouvernement israélien ne semble pas de cet avis…