Le président afghan Hamid Karzai a affiché lundi sa solidarité avec les Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme", en précisant que l’Afghanistan n’avait "pas été informé" par les Américains des bombardements qui ont tué 18 civils pakistanais près de la frontière afghane.
"Les Américains peuvent le faire de n’importe où. Nous sommes engagés dans la guerre contre le terrorisme, et le territoire afghan peut être utilisé pour cela", a déclaré M. Karzai lors d’une rencontre avec la presse à Kaboul. "Les Américains ne nous ont pas informés" de ces frappes, "et nous ne savons pas comment elles ont été menées", a-t-il cependant ajouté, interrogé sur le fait que ces bombardements auraient été effectués depuis le territoire afghan. "De toute façon, il s’agit d’une opération dans un pays étranger, qui ne nous concerne pas", a-t-il affirmé. "Il y a plusieurs mois, nous avons reçu des informations montrant que des attaques se préparaient près de la frontière (afghano-pakistanaise). Nous les avons données à nos alliés impliqués dans l’antiterrorisme", a-t-il ajouté. Les autorités afghanes accusent régulièrement le Pakistan de servir de base arrière aux rebelles antigouvernementaux, talibans et autres, actifs dans le sud, le sud-est et l’est du pays, le long de la frontière entre les deux pays. Le bombardement vendredi par l’armée américaine d’un village situé dans la zone tribale pakistanaise de Bajur, à quelques kilomètres de la frontière afghane, a tué 18 civils pakistanais et provoqué une vague de protestation à travers le Pakistan. Selon des médias américains, il visait le numéro 2 d’Al-Qaïda, l’Egyptien Ayman al-Zawahiri, dont la présence sur les lieux n’a cependant pas été prouvée. Interrogé par ailleurs sur les opérations antiterroristes américaines en Afghanistan, dont la forme (intrusion dans les maisons, fouilles, bombardements…) est dénoncée par de nombreux Afghans, M. Karzai a réclamé "une approche stratégique et calculée".









