Des centaines de personnes conduites par Belaïd Abrika, une figure de proue de la contestation, ont déposé une gerbe de fleurs à la stèle érigée à la mémoire des victimes des émeutes du printemps 2001 au village d’Ouzellaguen, dans la vallée de la Soummam, près de Béjaïa (petite Kabylie, 260 km à l’est d’Alger).
Ces émeutes qui avaient éclaté à la suite de la mort d’un lycéen en avril 2001 dans une gendarmerie à Beni Douala, près de Tizi-Ouzou (grande Kabylie, 110 km à l’est d’Alger), avaient fait, d’avril à juin, une soixantaine de morts. Elles sont restées sporadiques depuis. La foule s’est ensuite déplacée au petit hameau d’Ifri, à quelques kilomètres de là, pour s’incliner à la mémoire des martyrs de la guerre d’indépendance, sur le monument érigé près de la maisonnette, transformée en musée, où s’était tenu, le 20 août 1956, le «Congrès de la Soummam». Un meeting, prévu en début d’après-midi, devait rassembler des milliers de personnes de toute la Kabylie. Le congrès de la Soummam, qui avait réuni les dirigeants de la guerre d’indépendance, avait abouti à la «plate-forme de la Soummam» qui avait tracé les grandes lignes de la «révolution algérienne».
L’anniversaire de cette date, baptisée «journée du moudjahid», est fêtée chaque année en hommage aux anciens combattants de la guerre d’indépendance. Les âarchs avaient décidé, dans le cadre de la «réappropriation des dates historiques par le peuple algérien», de commémorer cet anniversaire et d’interdire l’accès d’Ifri aux officiels. Les autorités ont choisi la ville de Blida (50 km au sud d’Alger) pour la commémoration officielle de cette journée, en présence du ministre des moudjahidine (combattants) Mohamed-Chérif Abbas.








