Lundi, des milliers de Libanais ont accueilli le président iranien. Des jeunes femmes ont salué cet illustre visiteur qu’elles ont couvert de riz et de fleurs lors de son premier bain de foule à Beyrouth… Autant dire que la population a largement répondu à l’appel des deux principaux mouvements chiites du pays, le Hezbollah et Amal, pour accueillir Mohammad Khatami comme il se devait. Car cette visite est la première au Liban d’un président iranien depuis l’avènement de la République islamique en Iran en 1979. Le président libanais, Emile Lahoud, est d’ailleurs venu accueillir son hôte à l’aéroport, entouré du Premier ministre Rafic Hariri, du président du Parlement Nabih Berri, de ministres et de députés. Le Hezbollah, représenté par son secrétaire général adjoint, Cheikh Naïm Qassem, ainsi que par des députés intégristes, étaient aussi présents.
Ce séjour du président réformateur iranien intervient dans un climat de tensions et de pressions de la part des Etats-Unis sur Téhéran mais aussi Beyrouth et Damas pour mettre fin aux activités militaires du Hezbollah. Créé en 1982 avec l’aide des gardiens de la Révolution iraniens, il est devenu un parti politique représenté au Parlement libanais. Sa milice a délogé en mai 2000 l’armée israélienne du Liban sud, où elle est déployée depuis avec le soutien de la Syrie. «Les changements intervenus depuis peu dans la région nous dictent non seulement de nous consulter, mais d’agir aussi pour affronter leurs retombées en nous attachant à nos droits et à nos positions (…). Je suis sûr que la visite de M. Khatami et les sujets que nous devons évoquer seront d’un grand sérieux pour faire face aux pressions et aux solutions inacceptables», a estimé lundi M. Lahoud.








