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La libération du journaliste de la BBC exploitée par le Hamas

© D.R

Alan Johnston, le journaliste de la BBC enlevé le 12 mars à Gaza, a été finalement libéré tôt mercredi matin, après près de quatre mois de détention. Le reporter britannique, pâle et visiblement fragile, a affirmé qu’il se sentait «bien» et qu’il était «fantastique» d’être libre.
La libération de Johnston, qui détient le record de la plus longue détention à Gaza pour un étranger avec 113 jours de captivité, a été annoncée dans un communiqué du Hamas qui contrôle ce territoire.
«Sans les pressions vraiment fortes du Hamas (…) je serai encore dans cette pièce pour longtemps», a déclaré Johnston lors d’une conférence de presse à Gaza, en compagnie du Premier ministre limogé du Hamas, Ismaïl Haniyeh, durant laquelle il a évoqué sa détention dans une «pièce sombre». Johnston, détenteur de plusieurs prix récompensant son travail journalistique et qui était venu d’Ecosse pour s’installer à Gaza il y a environ trois ans, a tout particulièrement remercié M. Haniyeh et le Hamas «pour avoir œuvré à ma libération dès le début». Il a affirmé qu’il n’avait pas été torturé, avoir été détenu dans « des endroits sombres » et avoir été nourri succinctement, notamment de pain.
Lors d’un entretien téléphonique à la BBC, le reporter britannique a cependant décrit sa captivité comme « occasionnellement assez effrayante». «Ça a été une expérience horrible», a-t-il déclaré depuis le domicile de l’ancien Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, où il a été conduit après sa libération.
Plus tard, sur la chaîne satellitaire Al-Jazira, le reporter a confirmé qu’il était en bonne santé et a remercié le Hamas et Ismaïl Haniyeh. Selon Ayman Taha, porte-parole du Hamas, les ravisseurs de Johnston, un mouvement palestinien baptisé l’Armée de l’Islam et apparemment lié à Al-Qaïda, ont répondu favorablement aux dernières exigences des dirigeants religieux et tribaux. Il a précisé qu’en retour, le mouvement ne serait ni démantelé ni désarmé.
Correspondant de la BBC à Gaza depuis avril 2004, Alan Johnston, 45 ans, avait été enlevé le 12 mars à Gaza par des hommes armés alors qu’il rentrait à son domicile en voiture. L’Armée de l’Islam, qui le détenait, est considérée comme un groupe extrémiste palestinien.
Ses membres avaient menacé de le tuer à moins que la Grande-Bretagne et la Jordanie ne libèrent des prisonniers musulmans, y compris des membres d’Al-Qaïda.
La semaine dernière, l’Armée de l’Islam avait en effet diffusé sur Internet une vidéo montrant le journaliste vêtu d’une ceinture d’explosifs, et avait également menacé de le tuer si elle n’obtenait pas la libération d’Abou Mohammed al-Maqdisi, soupçonné d’être le guide spirituel du No2 d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri et actuellement détenu en Jordanie.
Le groupe avait déjà demandé la libération de Sajida al-Rishawi, une Irakienne condamnée à mort en Jordanie pour son rôle dans le triple attentat qui avait fait 60 morts en 2005.

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