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La pandémie est imminente selon l’OMS

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La pandémie de grippe porcine est désormais «imminente», a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS), appelant tous les pays à se tenir prêts face à une maladie qui a fait, selon ses propres chiffres, 148 malades dans le monde, dont 8 en sont morts. «Les pandémies de grippe doivent être prises au sérieux parce qu’elles ont la capacité de se développer rapidement dans tous les pays du monde», a expliqué mercredi soir, la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, après avoir relevé à 5 sur une échelle de six son niveau d’alerte. De fait, le nouveau virus de grippe porcine A/H1N1 «continue de s’étendre (…) sans montrer aucun signe de ralentissement», a constaté l’OMS, motivant sa décision par l’existence avérée de deux foyers autonomes aux Etats-Unis et au Mexique. L’organisation a enregistré officiellement 91 cas dont 1 mortel aux Etats-Unis et 26 cas dont 7 mortels au Mexique. Alors que les découvertes inquiétantes de nouveaux cas se multiplient dans le monde, il ne reste désormais plus qu’un pouce avant la déclaration officielle de la pandémie, au stade 6. Son déclenchement interviendra quand l’OMS aura les preuves que le virus contenant des gènes d’origine porcine, humaine et aviaire d’un type totalement inédit se transmet de façon autonome entre humains dans plusieurs régions de la planète.
Pour l’instant, en dehors du Mexique, le virus n’a eu que des formes peu virulentes, mais il peut évoluer à tout moment, et devenir «beaucoup plus dangereux», s’alarme l’OMS, craignant que la population mondiale ne soit pas bien immunisée. Ainsi, sa directrice Margaret Chan a appelé «tous les pays à immédiatement activer leur plan de préparation à la pandémie». A ce stade, «une surveillance élevée, une détection rapide et la mise en place de traitements» efficaces sont «essentiels», a-t-elle précisé. En phase 5 et 6, l’OMS recommande également des mesures de confinement chez elles des personnes atteintes de maladies respiratoires, des aménagements des horaires de travail, ainsi que la fermeture des écoles dans les pays affectés. Mais ces derniers restent libres de les appliquer ou non à l’échelle qu’ils jugent appropriée. Le Mexique, d’où est parti le virus est déjà en état d’alerte depuis le week-end dernier, de même que les Etats-Unis. En revanche, le Dr Chan a répété que l’OMS «ne recommandait ni la fermeture des frontières, ni de restreindre la circulation des personnes et des biens».
Concernant la préparation médicale, au cœur de la riposte, elle a jugé prématuré le lancement en masse de la production de vaccins pouvant nuire à celle des vaccins de grippe saisonnière, dont l’hémisphère Sud devrait avoir bientôt besoin.
A ce stade, «nous n’avons pas suffisamment d’éléments pour appuyer sur le bouton (de production) des vaccins contre la pandémie», a relevé le Dr Chan.
Elle a en revanche demandé aux firmes d’étudier l’accélération de la production d’antiviraux. Deux d’entre eux sont considérés efficaces, le Tamiflu de Roche et le Relenza du britannique GlaxoSmithKline. Le laboratoire suisse Roche a estimé récemment que 220 millions de pilules de Tamiflu étaient disponibles de par le monde. «Ce virus est d’un type nouveau, très imprévisible», a souligné le Dr Chan, appelant toutefois à ne «pas céder à la panique». «Nous devons maintenir un niveau de calme pour pouvoir continuer à gérer cette affaire de manière rationnelle», a-t-elle insisté. Spécialiste reconnue des pandémies, elle a estimé que chacun pouvait à son niveau participer à l’effort général, recommandant même à Genève, où aucun cas n’a été officiellement confirmé, «d’éviter de se saluer en se faisant la bise».

Alexandra Troubnikoff
(AFP)

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