«Il vient pour parler de divers problèmes régionaux», a déclaré vendredi le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer questionné sur la visite du Prince Bandar prévue mardi. Sa rencontre à Crawford avec George W. Bush pourra-t-elle apaiser les relations entre les deux pays ? Depuis que des familles de victimes des attentats ont porté plainte contre certains membres de la famille royale saoudienne, les tensions entre Washington et son partenaire économique ont pris une tournure plus vindicative.
Dans son éditorial de samedi, le quotidien français Le Monde relevait même que depuis le 11 septembre «il ne se passe guère de jour sans que l’Arabie Saoudite soit stigmatisée à Washington». «Tout se passe comme si les Etats-Unis avaient du mal à se remettre de l’encombrante vérité : quinze sur dix-neuf des auteurs des attentats étaient des Saoudiens…». Et le journal d’ajouter que le financement de mouvements et partis islamistes par l’Arabie Saoudite n’est pas une nouveauté, qu’il était, avant les attentats, «bien utile» «pour contrer, dans le monde arabe, les régimes qui penchaient du côté de l’URSS» alors que la Maison-blanche lorgnait sur leurs ressources pétrolières. L’ex-allié arabe est pourtant aujourd’hui montré du doigt. «Riyad a été qualifié de graine du terrorisme et de premier et plus dangereux adversaire par un consultant du Pentagone», soulignait Le Monde ajoutant qu’il ne serait, dans ce contexte, pas étonnant que «des particuliers saoudiens, passés du jour au lendemain aux Etats-Unis du statut d’hôtes privilégiés à celui d’indésirables, sinon de suspects en puissance, redéploient ou retirent tout ou partie de leurs avoirs, pour des raisons économiques, mais aussi politiques». Rumeur qui suscite toutefois le scepticisme des analystes. Quoiqu’il en soit, comme commenté par le journal français, les «Saoud constituent aujourd’hui une richissime monarchie qui inquiète les Occidentaux» et particulièrement les Américains depuis qu’elle réfutait toute utilisation de ses bases militaires en cas d’attaque contre l’Irak.








