Monde

Le conflit conforte l’image du Hamas et des islamistes

© D.R

«Le Hamas semble marquer des points. Jusqu’à présent, Israël n’a pas atteint tous ses objectifs militaires et politiques et a perdu la bataille de la communication», affirme à l’AFP un spécialiste égyptien des mouvements islamistes, Dhia Rachouane. Près de 900 Palestiniens, dont 270 enfants, ont été tués et près de 3.500 blessés depuis le début de l’offensive israélienne, le 27 décembre, selon un bilan dimanche matin. Les images véhiculées par les médias, qui reflètent une guerre disproportionnée entre une armée moderne dotée des armements les plus sophistiqués et une milice équipée pour la guerilla urbaine, ont provoqué un vif émoi dans le monde et une franche colère dans le monde arabe.
Il s’agit d’«une répétition des crises majeures qu’a connues la région ces cinq dernières années», a poursuivi M. Rachouane. Il rappelle que ce nouveau conflit survient après l’offensive israélienne meurtrière de 2006 au Liban contre le mouvement chiite Hezbollah et l’invasion américano-britannique de l’Irak en 2003. Lors de ces crises, dit-il, «le fossé s’est à chaque fois élargi entre les régimes arabes et leurs peuples». «L’opposition dans le monde arabe est désormais conduite par des mouvements islamistes», estime-t-il, ajoutant que «l’opinion publique se trouve entraînée par ces mouvements», aux dépens d’une opposition nationaliste arabe et libérale en perte d’influence. Le président du Centre de recherche du Golfe (GRC), un institut de recherche basé à Dubaï, Abdelaziz Al-Sager, fait le même constat lorsqu’il souligne que «l’injustice sert les courants islamistes, désormais à l’avant-garde en prônant le jihad» dans le monde arabe.
«Ce qu’Israël fait à Gaza renforce le Hamas» vis-à-vis d’une opinion publique qui lui est acquise, même si «une frange de cette opinion relève un manque de maturité politique chez ce mouvement», a-t-il déclaré à l’AFP.
«En voulant anéantir la résistance, vous avez créé une résistance dans chaque maison», a lancé samedi le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, à l’adresse des dirigeants israéliens. «Au fur et à mesure qu’Israël frappe le Hamas pour l’affaiblir, ce mouvement devient plus fort sur les plans palestinien et arabe, d’autant qu’il a prouvé qu’il était le seul en Palestine à pouvoir tenir tête à Israël, à l’instar du Hezbollah au Liban», renchérit l’activiste et ancien ministre bahreïni Ali Fakhrou. «Par cette guerre, Israël ne cherche pas à frapper Gaza, mais la résistance islamique, que redoutent par ailleurs les Etats-Unis et leurs alliés parmi les régimes arabes pour lesquels la réussite de cette résistance conduira à des changements fondamentaux» dans la région, a-t-il encore dit à l’AFP.


Les 11 règles imposées aux médias


Voici les 11 règles imposés aux grands médias et que tout le monde doit avoir à l’esprit lorsqu’il regarde le JT le soir, ou quand  il lit son journal le matin. Tout deviendra simple. Cet article est paru dans Politis (Bloc-notes de Bernard Langlois)

Règle numéro 1 : Au Proche Orient, ce sont toujours les arabes qui attaquent les premiers et c’est toujours Israël qui se défend. Cela s’appelle des représailles.
Règle numéro 2 : Les Arabes, Palestiniens ou Libanais, n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du terrorisme.
Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s’appelle de la légitime défense.
Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l’appellent à la retenue. Cela s’appelle la réaction de la communauté internationale.
Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les Libanais n’ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépassent pas trois soldats.
Règle numéro 6 : Les Israéliens ont le droit d’enlever autant de Palestiniens qu’ils le souhaitent (environ 10.000 prisonniers à ce jours dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et ils n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique «terroristes».
Règle numéro 7 : Quand vous dites «Hezbollah», il faut toujours rajouter l’expression «soutenu par  la Syrie et l’Iran».
Règle numéro 8 : Quand vous dites «Israël», Il ne faut surtout pas rajouter après : «soutenu par les États-Unis, la France et l’Europe», car on pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.
Règle numéro 9 : Ne jamais parler de «Territoires occupés», ni de résolutions de l’ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et l’auditeur de France Info.
Règle numéro 10 : Les Israéliens parlent mieux le français que les Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la neutralité journalistique.
Règle numéro 11 : Si vous n’êtes pas d’accord avec ces règles ou si vous trouvez qu’elles favorisent une partie dans le conflit contre une autre, c’est que vous êtes un dangereux antisémite.


• Taïeb Mahjoub (AFP)

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