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Le conflit Israélo-palestinien autrement: #GazaUnderAttack

© D.R

L'offensive menée par le Tsahal sur la bande de Gaza cette dernière semaine fait l'objet d'une large couverture par les médias internationaux. Des images extrêmement violentes nous arrivent par centaines tous les jours du territoire palestinien meurtri par une pluie de missiles et asphyxié par un blocus israélo-égyptien. Cependant, les rockets et missiles ne sont pas le seul aspect du combat entre Palestiniens et Israéliens.  Ces dernières années, le conflit a pris place dans un champ de bataille plus moderne mais aussi beaucoup plus large: les réseaux sociaux. Les trois piliers du Web d'aujourd'hui, Twitter, Facebook et Youtube sont, eux aussi, le théâtre d'"affrontements virtuels" entre deux grandes tendances: les pro-palestiniens et les pro-israéliens.

Ce n'est pas la première fois que le Web prend part au conflit israélo-palestinien. En 2012, les réseaux sociaux étaient d'ores et déjà  une plateforme de débat, mais aussi une source d'information via les publications des journalistes, organisations et témoins présents sur place. Dans cette guerre menée dans le cyber-espace, Twitter occupe une place centrale. La rapidité, la transparence, et l’aspect entièrement public du site de microblogging a fait de lui le terrain d’affrontement de prédilection entre les internautes appartenant au deux tendances.

#GazaUnderAttack et #IsraelUnderFire: la guerre des Hashtags Dans le monde d’aujourd’hui, à chaque événement son Hashtags. Ce nouveau terme introduit dans nos glossaires désigne un mot ou une expression précédé du signe « # ». Ce système, adopté par la plupart des réseaux sociaux (notamment Twitter, Facebook et Instagram), permet de rassembler toutes les publications sur un même sujet.

Dans le cas des derniers événements à Gaza, si pour une grande partie des médias l’enlèvement des trois jeunes israéliens en était l’élément déclencheur, sur les réseaux sociaux, tout a commencé avec le Hashtag #BringBackOurBoys. Côté Israélien, il s’agissait d’une réelle campagne de communication sur les réseaux sociaux menée par de simples internautes mais aussi par le service de communication de l’armée. A Jérusalem, on pouvait même voir des autobus affichant #BringBackOurBoys. Les pages Facebook se multipliaient pour demander la libération des trois jeunes. La contre-offensive ne s’est pas faite attendre. Très vite, le Hashtag a été détourné : des milliers d’internautes à travers le monde ce sont mis à l’utiliser pour demander la libération des 196 mineurs palestiniens détenus par Israël. Dans une déclaration à l’AFP, le cyber-militant palestinien Rami Abou Abdo affirmait qu ‘« Israël a fait une erreur en utilisant ce hashtag facilement détournable. Il y a tellement de documentation disponible sur les arrestations par l'armée de mineurs palestiniens ».

L’évolution du conflit et l’escalade des violences ont eux aussi été accompagnés d’une vague de publications sur le Web. Cette dernière semaine, le mot #Gaza fait partie des tendances mondiales (mots les plus utilisés) sur Twitter et Facebook. Pour documenter le conflit, les militants palestiniens créent #GazaUnderAttack, un hashtag rassemblant les photos, vidéos et témoignages à propos des atrocités que subit le territoire palestinien. Encore une fois, le côté pro-israélien du web ne tarde pas à riposter. Une campagne via les médias et les réseaux sociaux est menée pour décrédibiliser ces publications, la BBC affirme que « certaines de ces photos sont de violences dans d’autres pays comme la Syrie et l’Iraq». Si cette affirmation n’est pas totalement fausse, le plus grand nombre de ces photos et vidéos s’avère authentique après vérification. Une autre offensive est alors menée sur le Web avec #IsraelUnderFire.

Il faut néanmoins noter que, dans l’ensemble, Israël domine le web. Cette tendance que l’ont peut observer sur Twitter mais aussi sur les sites de Crowdsourcing tels que Reddit, n’est pas fortuite. Le gouvernement israélien a adopté une réelle politique visant à faire circuler la propagande israélienne sur la plus grande échelle sur le web. Des étudiants payés pour faire circuler la propagande pro-israélienne En effet, en 2013, le quotidien israélien Haaretz avait rapporté que le gouvernement offrait des bourses d’études aux étudiants qui postaient du contenu pro-israélien sur le Web. Le journal affirmait que les étudiants ne devaient pas révéler qu’ils étaient financés par le gouvernement Israélien. Une initiative parfaitement assumée par Israël puisque le premier ministre Benjamin Netanyahu avait même affirmé que ce programme visait à former des unités qui allaient défendre les intérêts de l’Etat Hébreux, surtout en ce qui concerne « la politique et la sécurité du pays, la lutte contre les appels au Boycott et la lutte contre la remise en question de la légitimité d’Israël. ».

Anonymous choisi son camp Le groupe de Hackers le plus célèbre –et le plus anonyme- du Web, connu pour son combat contre les lois liberticides, a toujours été un fervent défenseur de la cause palestinienne. Venus des quatre coins du globe, les membres d’Anonymous ont férocement défendu les habitants de Gaza. Grâce aux divers comptes gérés par Anonymous et à leurs nombreux sympathisants, #GazaUnderAttack a été Tweeté des centaines de milliers de fois. Plus que ça, des sites web institutionnels israéliens, dont celui de l’armée, sont à ce jour inaccessibles à partir de pays arabes, par peur des attaques pirates des Anonymous.    
 
Sara El Majhad
Journaliste stagiaire

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