"Il a joué un rôle majeur" dans le groupe Hofstad, dont les membres sont suspectés d’avoir préparé des actes de violences, a déclaré le procureur Koos Plooy lors d’une audience technique à Rotterdam, consacrée aux membres présumés de cette organisation.
Formellement, le meurtrier présumé de Van Gogh n’est pas inculpé pour participation à cette organisation, car l’enquête se poursuit.
"Il a cherché sur internet de la littérature qui prêche la violence. Lui-même a écrit des articles qui défendent l’usage de la violence mortelle. Il a assisté à plusieurs réunions (de membres du groupe). Il avait un rôle majeur", a expliqué le procureur.
Le tribunal de La Haye, qui a déménagé dans celui de Rotterdam pour des raisons de sécurité, consacre mardi une journée d’audience procédurale aux douze hommes, essentiellement d’origine nord-africaine, suspectés d’être des membres du groupe Hofstad.
L’accusation a demandé la prolongation de leur détention provisoire de 90 jours, pour les besoins de l’enquête. Les juges se sont donnés jusqu’à mercredi pour faire connaître leur décision.
Les suspects ont été arrêtés en novembre et décembre 2004, dans les semaines qui ont suivi le meurtre de Theo van Gogh, le 2 novembre dans une rue d’Amsterdam.
Ils sont accusés d’appartenance à une organisation terroriste qui conspirait en vue de tuer Van Gogh, la députée libérale Ayaan Hirsi Ali, connue pour ses critiques virulentes de l’Islam, le député d’extrême droite Geert Wilders, le maire d’Amsterdam Job Cohen, d’origine juive, et son adjoint chargé notamment des affaires multiculturelles Ahmed Aboutaleb, d’origine marocaine.
Ils risquent la détention à perpétuité s’ils sont reconnus coupables. Deux de ces suspects, Jason Walters et Ismail Akhninkh, sont également inculpés pour possession de grenades et pour avoir blessé des policiers en tentant d’éviter leur arrestation en novembre, au cours du siège de presque une journée d’un appartement de La Haye où ils étaient réfugiés.
Selon l’accusation, il y a des indications selon lesquelles les membres du groupe de Hofstad connaissaient le projet de Bouyeri d’assassiner Van Gogh. Le procureur Plooy a assuré que des écoutes téléphoniques du 3 novembre, au lendemain du meurtre, attestaient que plusieurs des suspects étaient au courant de détails qui n’avaient pas encore été révélés par les médias.
Selon les résultats provisoires de l’enquête sur le meurtre de Van Gogh, l’assassin présumé a frappé au nom de l’islam radical.
Il avait planté dans le corps de sa victime un poignard auquel était attaché un message de citations du Coran, et des menaces contre des politiciens, dont Mme Hirsi Ali.
Mohammed Bouyeri devra répondre devant la justice néerlandaise du meurtre de Van Gogh, un petit-neveu du peintre Vincent van Gogh, mais l’accusation dans son dossier n’a pas exclu qu’il soit également inculpé dans le dossier du groupe Hofstad.
Interpellé immédiatement après le meurtre, alors qu’il tentait de fuir, il a déjà comparu à deux reprises lors d’audiences de procédure, et son procès devrait débuter le 11 juillet à Amsterdam.
Stephanie Van Den Berg
AFP









