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Le néerlandais obligatoire dans les rues hollandaises ? Un ministre provoque un tollé

"Parler néerlandais dans la rue est très important, je reçois de plus en plus de courriers de gens qui se sentent +unheimisch+", a déclaré Mme Verdonk lors d’un congrès sur l’intégration organisé le week-end dernier par son parti libéral (VVD), obligée d’utiliser un mot d’allemand pour dire "mal à l’aise"!  "Je veux des règles de comportement sur ce que, en tant que Néerlandais, nous trouvons important lorsque nous vivons ici", a-t-elle ajouté.
La ministre, qui a réussi à imposer un test payant de culture et de langue néerlandaises pour les candidats à l’immigration, veut à présent instaurer un "code de normes et valeurs néerlandaises", bannissant l’usage d’une langue étrangère dans les rues des Pays-Bas.
A Amsterdam, qui compte 173 nationalités différentes et accueille chaque année près de 24 millions de visiteurs, la ministre s’est attirée les foudres des autorités municipales.
"Cela va trop loin", s’est indignée la conseillère municipale chargée des affaires économiques de la capitale, Laetitia Griffith, qui est d’origine surinamienne. "Amsterdam est une ville internationale, qui attire les investisseurs étrangers, et qui fait l’éloge de la tolérance. Si je parle surinamien avec une amie dans la rue, je ne provoque aucune nuisance", a-t-elle déclaré au quotidien de Volkskrant (progressiste).
D’après le quotidien De Telegraaf (populaire), une majorité de députés chrétiens-démocrates (CDA du Premier ministre Jan Peter Balkenende), libéraux et de la liste Pim Fortuyn (LPF) soutiennent le projet de Mme Verdonk, mais souhaiteraient que ce code soit instauré par les municipalités, à l’instar de l’initiative prise récemment par Rotterdam (sud-ouest).
La grande ville portuaire, dont la population est à 50% d’origine étrangère, a adopté un code en sept points, destiné à améliorer les relations entre ses citoyens. Il y est notamment précisé que le néerlandais est utilisé comme langue véhiculaire "à l’école, au travail, dans la rue et dans les maisons de quartiers".
A La Haye, les autorités municipales qui bataillent pour conserver les sièges d’institutions internationales ne sont également pas franchement emballées par le projet de la ministre, a indiqué Pieter van Woesel, conseiller municipal chargé des Affaires internationales et… membre du parti libéral.
Face au tollé et à la confusion provoqués par ses propos, Rita Verdonk, a semblé faire marche arrière lundi sur la radio publique néerlandaise en assurant qu’il ne serait pas question d’interdire aux gens l’usage de leur langue maternelle, si celle-ci n’était pas le néerlandais.
"Une loi ou une politique sur l’usage de la langue n’est pas à l’ordre du jour", a-t-elle déclaré.
Il faut en revanche inciter les étrangers qui s’installent aux Pays-Bas à utiliser le néerlandais dans leurs contacts et rapports avec les autres, a-t-elle ajouté.
La semaine dernière, le parlement néerlandais a donné son feu vert à l’instauration de tests payants (350 euros) de culture et de langue néerlandaise pour les candidats à l’immigration.
La télévision publique néerlandaise a récemment testé, pour une émission, des groupes de résidents aux Pays-Bas (Néerlandais de souche, restaurateurs chinois, etc.) : aucun n’a réussi ces tests.