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Le Premier ministre thaïlandais décrète l’état d’urgence

Le Premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, a décrété l’état d’urgence à Bangkok et demandé à l’armée de restaurer l’ordre public après la mort d’une personne lors d’affrontements entre partisans et opposants du gouvernement. En vertu des mesures d’urgence annoncées à la télévision et à la radio, tous les rassemblements publics sont interdits dans la capitale et des restrictions ont été imposées aux médias concernant les informations susceptibles de «nuire à la sécurité publique». «Il y a un besoin urgent de résoudre tous ces problèmes rapidement. Par conséquent, le Premier ministre déclare l’état d’urgence à Bangkok à compter de maintenant », précisait la déclaration officielle lue à la radio et la télévision publiques. Samak a assuré plus tard, lors d’une conférence de presse organisée dans les quartiers généraux de l’armée, que l’état d’urgence ne se prolongerait pas au-delà de quelques jours. «Je n’ai pas pris cette décision pour éteindre le feu, ni pour l’attiser », a-t-il dit. Le déploiement de militaires dans les rues de la capitale sera sans doute accueilli avec soulagement par des forces de police débordées. Le recours à ces mesures exceptionnelles ravive toutefois le spectre d’une prise de pouvoir par l’armée, deux ans seulement après l’éviction de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, chassé par les militaires. Le commandant en chef de l’armée, Anupong Paochinda, a tenu à rassurer la population en assurant qu’il n’avait pas l’intention de mener un coup d’Etat, et que cette crise pouvait se régler dans un cadre légal. Il a par ailleurs assuré que les soldats déployés à Bangkok en vertu de l’état d’urgence ne seraient pas armés, et n’auraient pas recours à la force pour déloger les manifestants qui occupent depuis près d’une semaine le bâtiment abritant les services du Premier ministre. « Si nous pensions qu’il était possible de faire appel aux soldats et aux policiers pour les évacuer dans un cadre pacifique, nous le ferions. Mais nous avons le sentiment que cela créerait plus de problèmes », a dit Paochinda à l’occasion d’une conférence de presse.
La Commission électorale thaïlandaise a en effet recommandé mardi la dissolution de la formation politique du Premier ministre, pour fraude électorale. Les cinq membres de la Commission ont jugé à l’unanimité le PPP coupable d’avoir acheté des voix lors des élections législatives de décembre dernier. Il pourrait s’écouler plusieurs mois avant que la Cour suprême fasse appliquer une décision.

• Nopporn Wong-Anan (AFP)
 

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