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Les cours du brut toujours en hausse, craintes de pénuries d’essence

A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en octobre progressait de 50 cents à 69,44 dollars lors des échanges électroniques vers 10h00 GMT. Il avait touché mardi son record historique, à 70,85 USD.

A Londres, le Brent de la mer du Nord prenait également 50 cents, à 67,52 dollars vers 10H30 GMT. Mardi, il avait atteint un nouveau record historique en séance, à 68,89 USD.

"A Londres comme à New York, les prix repartaient à la hausse ce matin, récupérant de leur léger recul de la veille, alors que le marché digérait encore les nouvelles sur les dégâts causés aux infrastructures pétrolières et gazières par l’ouragan Katrina dans le Golfe du Mexique", résumait Sam Tilley, analyste à la maison de courtage Sucden.

"Même si l’on sait encore peu de choses sur l’étendue des dégâts, les nouvelles qui parviennent au marché sont en général haussières", ajoutait-il.

Cet analyste citait des informations des gardes-côte américains, selon lesquelles 20 derricks étaient manquants depuis l’ouragan, ou en provenance du département américain de l’Energie, annonçant que la raffinerie de Port Fourchon en Louisiane était sévèrement endommagée.

Mercredi soir, plus de 90% de la production de brut du Golfe du Mexique manquait toujours à l’appel. Neuf raffineries étaient toujours fermées et quatre tournaient à faible régime.

Plus que le brut, le marché s’inquiétait des insuffisances de raffinage, et d’éventuelles pénuries de fioul ou d’essence.

Dans ce contexte, la décision des Etats-Unis de puiser dans leurs réserves stratégiques de brut, annoncée mercredi, n’a contribué à apaiser les cours que très provisoirement.

"Pour transformer ce pétrole brut, il faut des raffineries opérationnelles. Or, chaque jour apporte son lot de fermetures de raffineries, avec pour résultat une perte de millions de barils d’essence sur le marché", commentait Veronica Smart, analyste au cabinet Energy Information Centre (EIC).

Le contrat rapproché d’essence a par conséquent flambé à de nouveaux records mercredi à New York, se hissant à 2,925 dollars le gallon (3,78 litres) en séance.

Les analystes prévoyaient déjà que les manques de capacités de raffinage engendrés par Katrina se feraient nettement sentir sur les chiffres des stocks hebdomadaires américains mercredi prochain.

Une baisse spectaculaire des stocks d’essence, même à la fin de la haute saison estivale de consommation, aurait d’ailleurs pour effet de "pousser les prix à la hausse", anticipe Veronica Smart.

Selon elle, cette augmentation des prix, et ses répercussions à la pompe, n’était du reste pas de nature à faire diminuer la demande des consommateurs américains.

"Quand on commencera à voir des queues devant les stations service, une situation de vraie pénurie, les consommateurs seront peut-être incités à moins conduire", estimait-elle.

"Mais il en faudra plus que (la situation actuelle) pour décourager les conducteurs américains".

Or, tant que les prix élevés ne découragent pas la demande, la spirale haussière est entretenue.

Veronica Smart n’exclut plus la possibilité d’un baril à 80 dollar d’ici à la fin de l’année. "Certains commentateurs disaient que ce scénario ne serait plausible qu’à la condition d’une catastrophe de premier ordre", rappelait-elle, ajoutant: "La voici".

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