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Liban : La Syrie indésirable

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Cela fait une semaine que l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, est mort. Cela fait également une semaine que le pays vit dans une tourmente qui prend de plus en plus d’ampleur. Plus de 2.000 personnes ont manifesté, samedi soir, devant le Parlement en scandant des slogans hostiles à Damas et à ses alliés au pouvoir au Liban. « Nous ne voulons pas de Parlement qui fasse le portier à la Syrie ! », « Nous ne voulons d’autre armée au Liban que l’armée libanaise », criait la foule, en allusion à la Syrie qui maintient quelque 14.000 soldats au Liban, avec l’accord de Beyrouth et en dépit des appels de la communauté internationale à leur retrait. Les manifestants ont promis de sortir chaque soir au coeur de Beyrouth, jusqu’à ce que la lumière soit faite sur l’assassinat de Hariri. En outre, des députés et des personnalités de l’opposition, qui a appelé vendredi dernier à un « soulèvement pacifique et démocratique pour l’indépendance », ont pris la parole et critiqué violemment les autorités, réclamant le départ du président Emile Lahoud et du gouvernement pro-syrien de Omar Karamé. « Cette place est désormais la place de la liberté. Nous n’allons demander aucune autorisation et chaque soir, nous allons nous retrouver ici jusqu’à ce que la vérité soit faite sur les instigateurs et les auteurs de l’attentat », a lancé, selon l’AFP, Elias Atallah, un dirigeant de la « gauche démocratique » (laïque).
Tandis que l’opposition a appelé à une importante manifestation estudiantine, aujourd’hui lundi, le ministre de l’Intérieur Soleiman Frangié a averti que l’Etat ne resterait pas les bras croisés, après les trois jours de deuil officiel, en cas de « troubles publics ». Le ministre de la Défense, Abdul Rahim Mourad, a rappelé, samedi dernier, la nécessité d’obtenir une autorisation avant toute manifestation. Une délégation de l’opposition devait rencontrer, hier soir, le président pro-syrien du Parlement Nabih Berri, pour réclamer un débat général lundi à l’assemblée, portant sur une de ses revendications principales : la démission du gouvernement et la mise en place d’un cabinet « de transition », chargé de superviser les élections législatives prévues au printemps et un retrait des troupes syriennes du Liban.
D’autre part, les présidents américain George W. Bush et français Jacques Chirac exercent des pressions de plus en plus fortes sur le Liban et son tuteur syrien, réclamant que l’enquête sur l’assassinat se déroule de façon indépendante.
Mécontent de cette initiative, le gouvernement libanais a indiqué qu’il allait demander des « explications » aux Nations unies, après l’annonce par Dublin de la nomination d’un Irlandais pour diriger une commission d’enquête de l’Onu sur l’attentat du 14 février.
Rappelons que deux ministres libanais, Elie Ferzli, ministre de l’Information et Abdul Rahim Mourad ont vivement critiqué, samedi dernier, le président français Jacques Chirac, en l’accusant de soutenir l’opposition libanaise dans sa campagne, en vue d’obtenir la démission du gouvernement pro-syrien au pouvoir à Beyrouth et le retrait des troupes syriennes du Liban. Au moment où l’atmosphère devient de plus en plus rigide, le roi Abdallah II de Jordanie, dans un entretien publié dimanche par le quotidien espagnol « El Pais », a estimé que l’attentat etait trop sophistiqué pour être l’oeuvre de terroristes. « Il faut être prudent avec les accusations », a-t-il conclu dans l’entretien en question, à quelques jours d’une visite prévue mercredi à Madrid.