Selon le général Amer al-Saâdi, proche conseiller du Président Saddam Hussein, « Washington a fait croire au monde qu’il avait des preuves solides sur la présence d’armes de destruction massive en Irak et a promis de dévoiler ces preuves. Cette invitation est une manière d’aller plus loin, de prendre les Américains au mot, de leur dire : vous persistez à nous accuser de détenir des armes prohibées, alors venez les montrer vous-mêmes ».
Les Irakiens sont d’autant plus à l’aise à travers cette proposition qu’ils sont confortés par l’exaspération du chef des inspecteurs en désarmement de l’ONU, Hans Blix, qui a prié Washington et Londres d’avancer les preuves qu’ils détiennent. « C’est symbolique d’insister sur ce point faible, cet apparent paradoxe dans le discours américain qui affirme détenir des preuves irréfutables tout en refusant de les présenter », a ajouté le général irakien.
Le conseiller a également démenti les accusations américaines selon lesquelles l’Irak aurait tenté de se procurer de l’uranium auprès de l’Afrique du Sud et du Niger. Il a aussi démenti que son pays produisait du gaz mortel VX, qui agit contre le système nerveux.
Toutes ces assurances ne changent rien à la détermination de Washington. La campagne de désarmement de l’Irak est entrée dans sa phase finale, a déclaré un responsable de la Maison blanche. « L’Irak ne semble pas avoir fait e choix stratégique de désarmer », soutient-t-il.
Moscou a clairement pris ses distances des Etats-Unis en condamnant toute opération militaire assurant qu’elle irait à l’encontre de ses intérêts. Le plus important est de s’assurer que l’Irak n’a pas d’armes de destruction massive, a déclaré le ministre russe des affaires étrangères qui a appelé Washington à s’en tenir au texte de la résolution 1441 du Conseil de Sécurité.
La France a, quant à elle, a réaffirmé sa volonté de voir aboutir le processus d’inspection pour éviter la guerre. « Si la résolution 1441 est violée, il faut retourner aux Nations unies, ce qui n’est pas forcément la position américaine aujourd’hui. Il y a donc là une marge de manoeuvre », a déclaré le secrétaire d’Etat français aux affaires étrangères.
Dans le Golfe, les préparatifs de guerre se poursuivent. L’Irak attend «des boucliers humains». Dans le désert koweïtien plus de 3.000 soldats américains viennent d’achever in important exercice d’entraînement. La Royal Navy britannique se prépare, elle, au plus grand exercice de débarquement jamais mené depuis 20 ans. Au moins 40.000 soldats britanniques pourraient combattre aux côtés des Américains.
L’ONU se prépare aussi à une éventuelle frappe contre l’Irak. L’Organisation internationale prévoit 900.000 réfugiés.
Sur le terrain, les experts en armement de l’ONU ont lancé hier une nouvelle série d’inspections dans plusieurs sites proches de Bagdad. Une équipe s’est rendue dans une usine fabriquant officiellement du lait pour bébés. Une autre est allée inspecter une usine de fabrication de vaccins pour animaux. Une troisième s’est rendue au siège de la compagnie d’ingénierie Faw d’industrialisation militaire irakienne.








