Jeudi, Dominique de Villepin s’est félicité du « retour » des Nations unies en Irak dans le cadre de la résolution présentée jeudi soir au Conseil de sécurité par Washington, Londres et Madrid. « Le refus (de la guerre en Irak) qui a été le notre, nous l’assumons pleinement et il n’est pas question un instant à travers la nouvelle résolution sur l’Irak que nous allons voter aujourd’hui avec, je l’espère, tous les membres du Conseil de sécurité, de légitimer mais de faire face à l’urgence, aux difficultés, aux incertitudes qui règnent aujourd’hui en Irak », a expliqué le chef de la diplomatie française. Selon lui, le texte actuel a été « considérablement amélioré » dans le sens des préoccupations de Paris : « Faire en sorte que l’ONU puisse reprendre sa place car nous avons la conviction que l’ONU est la seule capable d’apporter sa légitimité, son expérience et son efficacité sur le terrain ».
Les Etats-Unis ont-ils pour autant perdu cette bataille diplomatique ? Enlisés sur le terrain, ils se sont certes montrés conciliants sur plusieurs points. Ils ont ainsi accepté de quitter le pays dès qu’un gouvernement irakien sera mis en place. Ils seront aussi contrôlés par l’ONU, par le biais de rapports tous les trois mois. L’instance internationale disposera elle-même d’un « représentant spécial », censé participer à la reconstruction politique de l’Irak.
L’ONU pourra enfin « réexaminer les mandats » de ses experts en désarmement. Reste que ce texte, plus équilibré que les quatre précédents présentés, est particulièrement flou. Il n’y a par exemple aucune date-butoir pour la formation du gouvernement irakien, et donc, aucune limite à l’occupation du pays par les Etats-Unis… Ces derniers ont par ailleurs obtenu la levée des sanctions contre l’Irak, leur objectif, et l’annulation progressive du programme « pétrole contre nourriture ». En d’autres termes, même surveillée par ses partenaires du Conseil de sécurité, l’administration américaine reste souveraine sur le plan militaire, économique et politique en Irak. Quel est le véritable poids de l’ONU dans tout cela ?








