L’ONU cherche désormais à défendre l’effet de surprise de ses inspections en Irak : «L’idée est de visiter n’importe quel site à n’importe quel moment et dans le cas des inspections de nuit, nous nous attendons à ce que les Irakiens nous envoient des gens», a déclaré un porte-parole des Nations unies à Bagdad.
Ceci pour rappeler que l’effet de surprise est requis par la résolution 1441 de l’ONU, sur le désarmement de l’Irak. Alors qu’approche la date fatidique du 8 décembre, à laquelle le gouvernement irakien doit fournir une liste exhaustive de tous les aspects de ses programmes d’armes chimiques, biologiques, nucléaires et de missiles balistiques, Washington a annoncé l’envoi cette semaine d’un haut diplomate dans neuf pays européens, dont la Turquie, pour des consultations sur ce dossier. Marc Grossman, numéro trois du Département d’Etat, se rendra successivement au Quartier général de l’OTAN à Bruxelles, en Grande-Bretagne, en Turquie, à Chypre, en Grèce, en Allemagne, aux Pays-Bas, en France et au Portugal.
En visite à Paris, les dirigeants kurdes irakiens Massoud Barzani et Jalal Talabani ont lancé un appel pour qu’on laisse les divers mouvements d’opposition se regrouper pour former un gouvernement pluraliste et démocratique capable de remplacer le régime irakien. Ils précisent toutefois qu’ils ne participeront pas à une offensive militaire contre Saddam Hussein. Or, c’est cette participation qui conditionne d’avoir une place dans le projet américain du futur Etat irakien d’après-guerre. «Avant de nous impliquer dans toute action militaire, nous devons en connaître l’objectif, a déclaré Barazani qui exprime des réserves sur la possibilité pour les Etats-Unis de mettre en place une administration militaire à Baghdad après une guerre.
La France par l’intermédiaire du porte-parole de l’Elysée a réaffirmé qu’une guerre contre l’Irak «décidée unilatéralement par l’administration Bush serait ressentie comme une agression du monde occidental contre le monde arabe et nourrirait une recrudescence du terrorisme. Nous ne voulons en aucun cas courir ce risque», a dit le porte-parole.








