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Madrid s’inquiète des assauts d’immigrants à Melilla

"Les méthodes changent", a indiqué à l’AFP un porte-parole de la préfecture de Melilla, les assauts sont "plus expéditifs, plus violents, et auparavant ils venaient en petits groupes".

"Ils utilisent des tactiques et des stratégies militaires", a affirmé le préfet de la ville autonome, José Fernandez Chacon. "Nous n’écartons pas l’hypothèse qu’il se trouve parmi eux des miliciens qui ont exercé dans les nombreuses guerres africaines", a-t-il dit au journal El Pais.

Dix gardes civils et au moins trois immigrants ont été blessés dans la nuit de dimanche à lundi lorsque quelque 300 clandestins ont tenté de passer "en force et de façon synchronisée" le double grillage métallique qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole à l’aide d’échelles de fortune, selon la garde civile.

Il s’agissait de la deuxième tentative d’entrée massive en trois jours. Le seul précédent d’ampleur similaire remonte à août 2004, avec une tentative simultanée de près de 500 immigrants.

Des centaines d’Africains du Mali, du Cameroun, du Niger, du Sénégal, du Nigeria et des Maghrébins sont installés dans des campements misérables en territoire marocain, notamment sur le mont Gurugu, attendant une occasion de passer la frontière.

"Une dizaine d’entre eux" a réussi à passer le grillage dimanche, le même nombre que vendredi, soit moins de 5% du total, selon le porte-parole de la préfecture, Jésus Gomez. Un taux de réussite extrêmement faible pour un risque payant, puisque franchir la barrière peut signifier un passeport pour l’Europe.

Ceux qui passent se présentent d’eux-mêmes au commissariat et demandent à être hébergés au Centre de séjour temporaire d’immigrants (Ceti), où ils reçoivent une aide alimentaire, médicale, juridique, conformément à la loi espagnole.

Le Centre possède 400 places mais quand le nombre d’immigrants dépasse la limite, "ils sont envoyés vers d’autres centres de la péninsule pour y recevoir l’attention nécessaire. Nous appliquons la loi, qui impose d’accueillir correctement les immigrants", explique M. Gomez.

Une fois sur la péninsule, les sans-papiers sont laissés en liberté avec un avis d’expulsion si leur nationalité n’a pu être établie ou si leur pays d’origine n’a pas signé d’accord de rapatriement avec l’Espagne. Jusqu’à présent, seuls l’ont fait l’Algerie, le Ghana, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Nigeria et le Maroc.

Khalid Jemmah, président de l’Association des amis et familles des victimes de l’immigration clandestine (AFVIC), dit s’inquiéter du "flux migratoire subsaharien (qui) ne cesse de grossir".

"Il y a 5 ans, ils n’étaient pas plus de 400 dans tout le nord du Maroc. Aujourd’hui, on en compte plusieurs milliers (…) or le Maroc n’a pas la capacité de les accueillir. Ils vivent dans des campements sans aucune infrastructure, parfois dans des forêts. On peut parler de drame humanitaire", a-t-il dit à l’AFP depuis Casablanca.

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