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Mahmoud Abbas éclaire les médias israéliens…

La presse israélienne, à la veille de la fête religieuse de Pessah (La Pâque), avait invité, pour la première fois, le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), à une grande conférence de presse, avant les interventions traditionnelles de Sharon.
Mahmoud Abbas, à cette occasion, s’est d’abord plaint amèrement, de l’attitude du gouvernement israélien à son égard, en précisant : «Jour et nuit on mène contre moi, dans les médias d’Israël, une campagne de dénégation. Je ne suis pas le type à plaindre, mais, malgré les ordres que moi-même, je donne à tous les médias palestiniens de cesser toute propagande hostile, les milieux officiels israéliens ne veulent pas mettre fin à la campagne contre moi et à me critiquer».
A cette occasion, les journalistes israéliens reconnurent qu’ils ne cessaient de critiquer son indécision. Mahmoud Abbas sut se défendre en rappelant les réformes qu’il a entreprises dans tous les domaines : « Evidemment, a-t-il dit, cela ne semble pas avoir impressionné les israéliens. Trois mois seulement se sont écoulés, laissez-nous l’occasion d’agir et aidez-nous… ».
Quant au désengagement de la bande de Gaza, Mahmoud Abbas a expliqué : « les territoires qui seront évacués sont la propriété du peuple palestinien et nous les traiterons ainsi. Notre peuple n’est pas habitué à vivre dans des « villas ». nous n’en avons pas besoin et, certainement pas à Gaza. Mais la destruction des maisons, comme à Yamit (après l’accord Sadate-Béguin), n’a pas laissé une image positive d’Israël. Le désengagement, de Gaza et du Nord de Cisjordanie, est une décision israélienne qui n’a pas été coordonnée avec nous.
Cependant, nous sommes disposés à coordonner avec Israël tous les aspects pratiques de son application. Il faudra définir les frontières exactes de la bande de Gaza et d’autres sujets, tel l’aéroport, le couloir « Philadelphie » (la frontière avec l’Egypte). En tout cas, a ajouté Mahmoud Abbas, le désengagement de Gaza se passera dans le calme de manière civilisée : il y’aura pas d’attaques de notre part». Le Président de l’Autorité palestiniennes a, ensuite, défini l’accalmie sécuritaire, en tant que sa plus grande réalisation « un accomplissement qu’Israël n’apprécie pas à sa juste mesure », a-t-il dit en poursuivant : « Nous avons œuvré avec détermination dans toutes les couches du peuple palestinien pour y parvenir. Car elle nous est, tout d’abord, nécessaire… ». Mahmoud Abbas a, de plus, détaillé l’action de l’Autorité palestinienne et le manque de réponse positive de la part d’Israël : « Nous avons prévenu des dizaines d’attentats, confisqué des armes et des explosifs, arrêté des responsables d’attentats.
A Jéricho et à Toulkarem, nous avons repris des armes détenues par des hommes recherchés sur les listes présentées par Israël, qui ne remplit pas sa part dans les engagements pris. L’assassinat de sang-froid de trois adolescents à Rafiah, a rappelé Mahmoud Abbas, l’élimination d’un recherché dans le camp de Balata et l’arrestation de deux recherchés à Naplouse et Ramallah, sont contraires à ce qui a été convenu. Nous sommes présentés comme des menteurs, ce qui porte atteinte à notre légitimité auprès de notre peuple.
Il a été convenu, a-t-il ajouté, de nous transférer cinq zones en Cisjordanie et cela n’a pas été fait. Les barrages de l’armée israélienne sont restés en place et les prisonniers n’ont pas été libérés. Nous n’accepterons pas de diktat du plus fort et la poursuite de la colonisation de nos terres ».
Mahmoud Abbas a ainsi, par la clarté de son message et le rejet absolu et franc des critiques contre la prétendue inaction de son gouvernement, créé une ambiance exceptionnelle dans la rencontre avec les journalistes israéliens captivés. Il a ajouté « Je connais les difficultés de Sharon, mais les miennes sont encore plus grandes. Les Palestiniens, aussi, ont le droit à l’accalmie sécuritaire. Je suis, donc, disposé à rencontrer Sharon à tout moment ». D’autre part, en matière de politique intérieure aux territoires, et à Gaza en particulier, Mahmoud Abbas a estimé que toute crainte d’une victoire du Hamas aux prochaines élections législatives palestiniennes (prévues en juillet 2005), était exagérée. « Si Israël tient ses engagements, a-t-il affirmé, les chances du Fatah de l’emporter seront meilleures ».
Mahmoud Abbas dans un grand sourire très amical, – relevé par toute la presse israélienne -, a tenu à souhaiter une bonne fête de Pessah aux journalistes présents. C’est d’ailleurs avec sympathie que les médias, contrairement aux politiciens de droite, ont rapporté les appuis du président russe Poutine, aux réformes organisées par l’Autorité palestinienne dans les services de sécurité.
Le président Poutine est allé jusqu’à assurer Mahmoud Abbas de la fourniture de deux hélicoptères et de 50 engins blindés pour renforcer la sécurité. Pour la reprise de la « feuille de route », le président Poutine a également, confirmé son appui au plan du « Quartette ». Ainsi que sa volonté d’organiser, à Moscou, une conférence internationale, en présence des Israéliens et de Mahmoud Abbas, pour arrêter un véritable programme de réalisation. Toutes les propositions de Poutine ont été bien accueillies par les quotidiens israéliens qui avaient été conquis par l’ouverture d’esprit et la franchise de Mahmoud Abbas, déterminé à engager un processus de négociations finales, au plus tard après le désengagement de Gaza.

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