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Pakistan : Musharraf doit fixer une «date précise» pour les élections

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a appelé mercredi le président pakistanais Pervez Musharraf à annoncer une «date précise» pour les élections législatives prévues en janvier. «Nous appelons le gouvernement du Pakistan à annoncer maintenant une date spécifique pour les élections de janvier», a déclaré le chef de la diplomatie britannique dans une déclaration à la Chambre des communes. M. Miliband a par ailleurs appelé le gouvernement pakistanais à remettre en liberté tous les prisonniers politiques, à mettre fin aux restrictions contre les médias, et il a exhorté le président pakistanais à «tenir sa promesse» de quitter ses fonctions à la tête de l’armée en novembre. Le général Musharraf, qui a décrété l’état d’urgence samedi, a promis que les élections auraient lieu à une date «aussi proche que possible» de l’échéance prévue, mi-janvier.
Pour sa part, l’ancien Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto a appelé mercredi à Islamabad à manifester massivement contre l’instauration, il y a cinq jours, de l’état d’urgence par le président Pervez Musharraf. «J’appelle les Pakistanais à se manifester, nous sommes attaqués», a-t-elle dit au cours d’une conférence de presse, à l’issue de discussions avec les dirigeants de petits partis de l’opposition.
Elle a promis de tenir un meeting vendredi dans la banlieue d’Islamabad malgré l’interdiction de tout rassemblement. Mme Bhutto négociait, avant l’état d’urgence, un accord de partage du pouvoir avec le général Musharraf à l’occasion des législatives initialement prévues pour mi-janvier. Elle a également convié les Pakistanais à participer à une «grande marche» le 13 novembre entre la ville de Lahore, dans l’est du pays, et Islamabad.
«Combien de personnes peuvent-ils mettre derrière les barreaux ?», a-t-elle asséné. «Nous serons si nombreux qu’ils n’auront pas assez de prisons», a poursuivi Mme Bhutto, en référence aux quelque 1.500 personnes interpellées depuis samedi ou assignées à résidence, essentiellement des avocats et des magistrats, à la pointe de la contestation anti-Musharraf depuis huit mois, mais aussi des leaders des grands partis de l’opposition, en dehors du sien. «J’appelle toutes les forces politiques à s’unir et j’irai à Lahore, je veux que tous se joignent à nous pour cette grande marche», a ajouté Mme Bhutto.