Environ 3 000 étudiants de la session d’été de l’université de Birzeit, en provenance de tout le territoire, sont aujourd’hui privés de cours suite à la fermeture du campus, «pour des raisons de sécurité».
Tout a commencé lors de l’arrestation, mercredi matin, à Ramallah, du président du conseil des étudiants de l’université de Birzeit, Fadi Hamad et un membre du bloc islamique, Hyiad Abu Ra’arkour. Ces jeunes étudiants Hamas ont été interpellés par la police palestinienne pour des raisons encore inconnues. «Leur famille ne savent pas où ils sont ni pourquoi ils ont été arrêtés», explique Diana, membre du conseil des étudiants pour le bloc islamique, jointe par téléphone. Selon elle, «ils ont été arrêtés dans la rue, pour des raisons politiques, c’est un kidnapping». Le Hamas a pris la majorité du conseil des étudiants de l’université de Birzeit lors des dernières élections d’avril 2007. «Birzeit est la plus importante université de Palestine, ils veulent casser le bloc islamique en Cisjordanie», insiste Diana. Afin de soutenir leur leader et démontrer leur mécontentement concernant cette arrestation qu’ils jugent «politique», les étudiants Hamas ont organisé, mercredi après midi, une manifestation en plein cœur de l’université. «Ils ont fait un appel à manifester, mais ils n’ont pas respecté l’une des règles qui prévaut dans notre université : l’interdiction de drapeaux autre que le drapeau palestinien», explique le bureau des relations publiques. Une centaine d’étudiants se sont donc rassemblés portant fièrement le drapeau vert. Un groupe de jeunes, affiliés à Fatah, se sont divisés pour prendre la manifestation en sandwich et les hostilités ont commencé. Jets de pierres, insultes, coups et blessures sont le résultat de ce rassemblement. «Ce sont les élèves du Fatah qui ont commencé à jeter des pierres», témoigne une jeune femme de l’administration. «Notre manifestation était pacifique. Deux minutes après que nous ayons commencé, les jeunes du Fatah nous ont attaqués. (…) Ils nous ont menacés de mort parce que nous sommes du Hamas», s’exclame Diana. «Nous nous sommes réfugiés dans deux bâtiments de l’université. On nous a dit que la police avait encerclé le campus et qu’ils étaient prêts à nous arrêter, nous sommes donc restés là toute la nuit, et nous y sommes encore», ajoute-t-elle. 22 femmes et 45 hommes du Hamas font donc en ce moment même un sit-in dans l’université, qu’ils ne quitteront qu’une fois que leurs «droits seront respectés», selon la membre du conseil. «Nous ne manifestons pas contre l’université, mais contre la politique qui tend à nous priver de nos droits». D’autre part, les deux étudiants qui ont été arrêtés doivent finir leur année, «l’université doit leur fournir une aide, un avocat, ou du moins, demander à l’administration pourquoi ils ont été arrêtés», insiste Diana. «L’université est une part de la société, les problèmes de l’extérieur ont donc une répercussion sur la vie interne du campus», explique Haïfa, assistante sociale. Le bureau des relations publiques indique que la fermeture a pour but de «stopper le cycle de la violence». Cependant, le campus devrait rouvrir ses portes dès lundi, si la situation le permet.










