Le prix d’une guerre contre l’Irak pourrait avoisiner les 200 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis. Cette enveloppe serait plus importante, et les coûts indirects plus élevés, si Bagdad décidait de faire sauter les puits de pétrole et si le conflit traînait en longueur.
Une guerre-éclair courte et radicale exigerait le déploiement de plus de 250.000 soldats américains. En plus de cette armée nominale, il faudra maintenir sur place, et pour de nombreuses années, des forces de stabilisation.
En préparant le conflit avec l’Irak, Washington prospecte aussi la façon de le financer. Lors de la dernière guerre du Golfe, elle a réussi à se défausser des coûts sur les pays de la coalition. Pour la prochaine, il doit assumer seul l’essentiel des dépenses d’une guerre high-tech. En attendant, l’ONU a repris ses inspections après quatre ans d’interruption. Là aussi, la technologie de pointe est sollicitée. Les Nations unies disposent désormais d’instruments plus sophistiqués que dans les années 1990. Elles ont stimulé de nouvelles techniques d’investigation. Le hic, c’est que le régime de Saddam Hussein, s’il veut cacher des choses, est devenu, lui aussi, très pointu. Il passe pour le maître de la dissimulation ; il a eu quatre ans pour perfectionner ses méthodes. Ces remarques auraient un sens si l’Irak présentait réellement un danger pour la sécurité de l’humanité. Pour Scott Ritter, ancien marine qui a passé sept ans à chercher et à détruire les arsenaux du régime irakien, rien n’est moins sûr. Il affirme qu’une guerre préventive est infondée. Il illustre son propos par le fait que Saddam Hussein ne possède plus d’armes de destruction massive au sens où l’entend l’administration américaine : de 90 à 95 % de ses moyens militaires en armement de destruction massive ont été éliminés, et ce de manière vérifiable. Voilà qui s’inscrit en totale contradiction avec les charges retenues par Washington contre Bagdad.
Dans ces conditions, continuer à charger Saddam Hussein servirait-il la guerre ou la paix ? Il est clair que les Etats-Unis ne voulaient pas que les inspections reprennent. Son seul désir étant la conquête de l’Irak.
L’Opposition rencontrée au Conseil de Sécurité les a fait reculer. En outre, Saddam Hussein a déjoué sa stratégie en acceptant sans restriction les inspections. Il est don évident que dans ces conditions, l’humanité a tout à perdre à suivre la logique d’une administration qui veut imposer à tout prix un ordre international de plus en plus militarisé.








