Le mot paix est galvaudé à propos du Proche-Orient. L’expression n’a de finalité que si l’on reconnaît au Peuple palestinien le statut de celui à qui l’on a fait la guerre, un partenaire à part entière. Seule la reconnaissance de la dignité des Palestiniens peut assurer leur propre dignité aux Israéliens. Ces propos pour dire que maintenant que les négociations de paix redeviennent d’actualité, nous souhaitons bien plus qu’une coexistence pacifique aux deux peuples. Ce n’est pas être utopique que d’adopter une logique d’ouverture et de croire fort en l’avenir commun des peuples palestinien et israélien. C’est évidemment une logique qui se situe aux antipodes de celle d’Ariel Sharon et de tous ceux qui soutiennent la guerre et la répression.
Le Premier ministre israélien a bien accepté la « feuille de route », mais il devait encore rencontrer Mahmoud Abbas, le Premier ministre palestinien avant le sommet qui doit les réunir avec le Président américain, George Bush. Ce dernier, en parrainant ce sommet, cherche à arracher aux Israéliens et aux Palestiniens un engagement suffisamment clair pour avancer et commencer à négocier sur le fond. L’Administration américaine reprend le dossier pratiquement au point où il se trouvait en 1992-93, au moment des négociations d’Oslo. « Faites pression, M. Le Président », titrait le Washington Post dans un éditorial qui croit ferme en des résultats tangibles dès lors que « M. Georges Bush apparaît prêt à plonger personnellement dans la diplomatie du Proche-Orient ».
Ce que l’Administration américaine cherche, c’est d’abord renouer avec la dynamique d’Oslo avant d’avancer dans l’étude de la substance du conflit, c’est-à-dire le statut d’Al Qods, la question des réfugiés palestiniens, les colonies de peuplement et le tracé définitif des frontières du futur Etat palestinien. Pour cela, l’Administration Bush doit impérativement montrer son sérieux et son impartialité à l’égard de la « feuille de route », ce qui passe nécessairement par plus de fermeté à l’égard des atermoiements d’Ariel Sharon, de son double langage et du fait accompli qu’il essaie d’imposer sur le terrain. Ces faits sont le mur de séparation et les murs de sécurité autour des colonies. Les routes de sécurité et de contournement qui coupent les villages palestiniens de leur arrière-pays. Les colonies israéliennes qui n’ont jamais cessé de s’étendre et qui occupent aujourd’hui la moitié de la Palestine.









