Les actes meurtriers de Casablanca confirment que le terrorisme ne respecte ni les frontières ni les pays. Cette ville est connue pour la diversité des communautés ethniques et confessionnelles qui y vivent en parfaite symbiose. C’est cette tolérance d’une ville cosmopolite qui dérange certainement les tenants de l’extrémisme qui ne s’épanouissent que dans le malheur des autres, dans l’adversité et dans tout ce qui empêche l’humanité de progresser. Les attentats de Casablanca portent la marque de ces milieux qui ont fait preuve d’une cruauté sans pareille ainsi que d’une indigence intellectuelle patente. Comment peut-on, en effet, identifier un club, dont les membres sont essentiellement Marocains, aux intérêts économiques espagnols au Maroc? Pourquoi s’attaquer à un cimetière pour tuer de jeunes Marocains vivant dans des conditions de misère extrême. Est-ce ainsi que l’on veut libérer un pays d’un supposé joug colonialiste judéo-chrétien ?
L’international terroriste est une réalité. Ses recrutements continuent. De nouvelles techniques lui permettent de devenir une entité virtuelle difficile à traquer. La nébuleuse terroriste transnationale s’est décentralisée pour devenir insaisissable, difficile à identifier et à éliminer. Les seuls moyens dont elle a besoin sont des endroits sûrs pour y fabriquer des bombes artisanales et stocker des armes. Tout le reste relève de schémas classiques de groupuscules isolés et sans assises populaires véritables tels qu’on les a connus à travers l’histoire. Ils s’adaptent et agissent différemment, comme on l’a vu à Casablanca où ils se sont montrés insidieux mais tout aussi dangereux.
Aucune puissance au monde ne peut prévoir et combattre efficacement ce qui s’est passé chez nous. Il ne sert à rien de vouloir faire le jeu des détracteurs pour enfoncer nos forces de sécurité. Pour les combattre efficacement et durablement, il faut réconcilier religion et démocratie, c’est-à-dire moderniser politiquement le Maroc qui est un pays musulman afin de le faire évoluer. Tout en lui évitant le risque traumatisant d’être confronté à une crise identitaire potentiellement destructrice de ses valeurs de tolérance et de coexistence.
La remarque s’adresse en premier lieu à nos partis politiques qui doivent opérer leur mise à niveau démocratique pour dépasser leur déficit de démocratie interne illustré par la crise de légitimité de leurs directions. C’est la condition sine qua none pour le renouvellement des élites partisanes et pour éviter que nos jeunes ne deviennent des proies faciles bonnes à se faire mystifier par n’importe quel courant extrémiste.








