Le président russe a déclaré à son ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, que «les réformes militaires sont conduites pour que l’armée devienne plus viable et efficace, pour éviter que n’arrivent de telles tragédies». Dans des propos retransmis par la télévision russe, Vladimir Poutine a posé demandé à M. Ivanov : «comment une telle chose a-t-elle pu arriver, alors même que le ministre de la Défense avait interdit le transport de civils», à bord des appareils militaires ?.
Le président avait décrété un jour de deuil national jeudi pour marquer cette catastrophe. L’hélicoptère, qui transportait apparemment quelques civils et un nombre de passagers supérieur à la norme, s’est écrasé à quelques centaines de mètres du quartier général des forces russes en Tchétchénie, près de Grozny. Les rebelles indépendantistes ont affirmé avoir abattu l’appareil et la chute du MI-26 porte un nouveau coup à la crédibilité du gouvernement de Vladimir Poutine, qui a affirmé à plusieurs reprises que le deuxième conflit russo-tchétchène, vieux de presque trois ans, était terminé. Les observateurs de la scène politique russe estiment que le président a intérêt à faire retomber la responsabilité de l’incident sur la hiérarchie militaire.
Car la presse a rapidement comparé le drame à celui du sous-marin «Koursk», qui avait coulé en août 2000, en entraînant la mort de ses 118 hommes d’équipage. Le président russe n’en a pas moins adouci sa salve contre M. Ivanov en ajoutant qu’il ne «cherchait pas de boucs émissaires».«Chacun doit comprendre (la situation) et en porter la responsabilité», a-t-il ajouté.
Le mauvais état général des forces russes a été souligné par un haut responsable de l’armée qui a stigmatisé le manque de pilotes qualifiés dans les forces aériennes de transport. «Nous avons besoin d’au moins dix ans pour entraîner des pilotes de première classe pour les forces aériennes de transport», a déclaré le général Alexeï Votintsev, cité par Interfax.








