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Sharon et les trois millions de dollars

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La police israélienne a des preuves qui démontrent que la famille du Premier ministre, Ariel Sharon, a reçu trois millions de dollars en pots-de-vin de Martin Shlaff, un certain investisseur juif autrichien.
Le versement de cette somme aurait servi au financement illégal de la campagne de M. Sharon lors des élections de 1999.
Le porte-parole de la police, Mickey Rosenfeld, a déclaré à l’AFP que les preuves avaient été recueillies fin décembre dernier lors d’une descente de la police au domicile en Israël de la famille de l’investisseur autrichien. "Le 22 décembre 2005, l’unité d’investigation de la police nationale a mené une perquisition au domicile des Schlaff (en Israël) et confisqué des documents, des téléphones et des ordinateurs", a déclaré M. Rosenfeld. "Les données contenues dans l’ordinateur de Schlaff pourraient renfermer la preuve que la somme de trois millions de dollars a été transférée à la famille Sharon", a-t-il ajouté.
Toutefois, le matériel informatique n’a pas été étudié. La police n’a pas encore eu l’autorisation d’examiner les documents qu’il contient suite à un arrêt judiciaire à la demande des avocats de M. Schlaff.
"Depuis le 22 décembre, l’unité nationale des investigations n’a pas pu confirmer ces soupçons, à la suite d’un appel de Schlaff à la justice, qui a refusé temporairement l’accès de la police aux données contenues dans l’ordinateur de Shlaff", a-t-il expliqué. Des responsables au bureau de M. Sharon ont refusé de commenter ces informations, rapportées auparavant par une chaîne de télévision privée israélienne. Cette dernière avait montré un document de la police qui avait été présenté devant un tribunal israélien et dans lequel elle expose les preuves sur le versement des pots-de-vin.
Lior Chorev, un collaborateur d’Ariel Sharon, a refusé de commenter ces informations. "Aucun officiel ne dit cela, un journaliste dit cela", a-t-il dit. "Depuis quand devrais-je répondre aux spéculations d’un journaliste de Channel 10 ?", a-t-il ajouté.
Toutefois, les versements seraient liés à un scandale de corruption dans lequel M. Sharon est soupçonné d’avoir reçu un prêt de 1,5 million de dollars d’un entrepreneur sud-africain, Cyril Kern, qui aurait été utilisé pour rembourser les contributions à sa campagne en 1999, jugées illégales.
Ces informations interviennent quelques heures après que l’un des fils de M. Sharon, Omri, eut renoncé à son poste de député à la suite de son inculpation dans une affaire de financement occulte d’une campagne électorale de son père.
Omri Sharon avait, en effet, annoncé à la mi-novembre avoir plaidé coupable devant la justice pour "faux témoignages" et "faux et usage de faux" dans cette affaire de financement. Il est passible de prison ferme pour ces chefs d’accusations. Le verdict est attendu le 23 janvier 2006, en pleine campagne électorale. Un fait que pourrait exploiter les adversaires politiques d’Ariel Sharon.