Abdollah Ramezanzadeh, le porte-parole du gouvernement, a déclaré qu «il n’est pas besoin de déclarer l’état d’urgence. Le gouvernement, pour tenir les promesses qu’il a faites, a besoin d’une atmosphère calme, où la loi règne. nous espérons que cette atmosphère prévaudra». Interrogé sur une «lettre» de responsables conservateurs demandant aux plus hautes autorités de décréter l’Etat d’urgence, dont plusieurs personnalités ont fait état, il a répondu : «je ne suis pas au courant d’une telle lettre, je ne sais pas si elle a été écrite». «Dans tout les cas, en conseil des ministres (mercredi matin), ce problème n’a pas été évoqué. nous ne considérons pas que le pays est actuellement en situation de crise». Les milieux politiques iraniens sont agités depuis quelques jours par des rumeurs insistantes sur une éventuelle proclamation de l’ «Etat d’urgence», une mesure sans précédent en République islamique.
Dans des déclarations publiées mardi, le dirigeant réformateur Karim Argandepour avait estimé «possible la proclamation d’un Etat d’urgence, qui serait une forme de coup d’Etat contre le camp réformateur». «Certains extrémistes du camp conservateur chercheraient à créer une telle situation exceptionnelle», avait indiqué M. Argandepour, rédacteur en chef du journal suspendu Norouz, organe du Front de la participation (FP, 40% des sièges au Parlement), le principal parti réformateur dirigé par Mohammad-Reza Khatami, frère du chef de l’Etat. Un autre responsable du FP, Abbas Abdi, avait déclaré que «certains cherchaient à établir une situation d’exception en se fondant sur les menaces américaines», accusant ces personnes de faire «en réalité le jeu des Américains». Des dirigeants conservateurs ont aussi évoqué une possible proclamation de l’Etat d’urgence, au moment où la tension est très forte entre les réformateurs qui soutiennent le président Mohammad Khatami et les conservateurs qui, bien que laminés à chaque élection, détiennent la plupart des leviers de pouvoir.
D’autre part, le commandant en chef de l’armée iranienne, le général Mohammad Salimi, a fait état mercredi de «plans et dispositifs» pris par les forces armées «pour déjouer les menaces américaines contre l’Iran». «Nous avons des plans et des dispositifs prévoyant notamment des manoeuvres et des mouvements de troupes de l’armée de terre, de l’air et celles de la marine», a souligné le général Salimi, cité par l’agence officielle IRNA. Il a ajouté que les forces armées étaient «prêtes à répondre aux menaces» des Etats-Unis.
«Quelle que soit la menace et d’où qu’elle vienne, de gros moyens sont prêts pour y faire face», a indiqué le militaire qui s’exprimait à Nochahr, principal base navale iranienne dans la Caspienne.








