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Un accident d’avion décapite l’armée de terre des gardiens de la révolution


"L’avion se rendait de Téhéran à Oroumiyeh (nord-ouest) et s’est écrasé non loin du village d’Aëdin-Lou, à cause de problèmes techniques", a déclaré à l’AFP Jamshid Mohammad-Zadeh, vice-gouverneur chargé des affaires politiques et sécuritaires de la province de l’Azerbaëdjan-Ouest.

"L’avion avait à son bord trois membres d’équipage et huit officiers supérieurs des forces terrestres des Gardiens de la Révolution. Les équipes de secours se trouvent sur place mais tous les corps n’ont pas encore identifiés", a-t-il ajouté.

Selon Rahim Ghorbani, gouverneur de la province, "le train d’atterrissage de l’appareil ne s’est pas ouvert et le pilote a tenté de poser l’avion sur un terrain plat lorsqu’il a perdu le contrôle de l’avion qui a explosé en heurtant le sol".

L’appareil s’est écrasé à environ 12 km d’Oroumiyeh, près de la frontière avec la Turquie, vers 09H30 (06H00 GMT), a indiqué un porte-parole des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime islamique, à la télévision Al-Alam, Massoud Jazayeri.

La télévision iranienne a montré les images de l’appareil brisé en plusieurs morceaux, éparpillés sur des dizaines de mètres dans un champ bordant les murs d’habitations d’un village.

Le général Ahmad Kazemi, commandant des forces terrestres des Gardiens de la révolution, le chef des services de renseignements des forces terrestres, le commandant Nabiollah Shahmoradi "Hanif", sont au nombre des morts, tout comme le commandant Saëd Mohtadi, en charge de la division Mohamad Rassoulallah.

Le corps des Gardiens de la Révolution islamique, aussi appelés Pasdaran, a été créé au lendemain de la Révolution de 1979. Les Pasdaran sont une véritable armée et disposent de meilleurs moyens techniques et financiers que l’armée régulière. Ainsi, les fameux missiles Shahab-3 leur ont été livrés, et non à l’armée.

Ils jouent aussi un rôle de protection du régime islamique en cas de troubles internes. Le corps des bassidji (miliciens islamistes), qui disposent officiellement de dix millions de membres, est placé directement sous leur contrôle.

"Le crash est dû au mauvais temps et aux problèmes techniques", selon le porte-parole des Gardiens de la Révolution.

Selon le président du comité de la Défense de la Commission parlementaire des Affaires étrangères et de la sécurité nationale, Reza Talaëe-Nik, cité par l’agence Mehr, "avant le crash, le pilote avait informé la tour de contrôle d’Oroumiyeh de problèmes techniques et de la panne des deux moteurs".

Selon cette agence semi-officielle proche des Pasdaran, l’avion n’avait plus de kérosène, ce qui expliquerait l’arrêt des moteurs.

La région d’Oroumiyeh est montagneuse et connaît des conditions météo difficiles en cette période de l’année.

Le 6 décembre, un appareil de l’armée, un Hercules C-130, s’était écrasé au pied d’un immeuble de dix étages à Téhéran à la suite de problèmes techniques, tuant 108 personnes, dont 68 journalistes et photographes qui se rendaient dans le sud pour assister à des manoeuvres militaires.

Ces dernières années, l’Iran a connu plusieurs accidents d’avions, civils ou militaires, meurtriers.

Le 19 février 2003, un Iliouchine 76 des Gardiens de la Révolution s’était écrasé dans la région de Kerman (sud), faisant 302 morts, dont des officiers supérieurs.

La flotte civile et militaire est très vieille et les sanctions économiques américaines mais aussi l’embargo des pays européens sur la vente d’appareils militaires empêchent Téhéran de la moderniser.