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Un drame qui suscite la colère des habitants

L’espoir de retrouver des survivants s’amenuisait, après l’éboulement qui a fait au moins 31 morts dans un bidonville du Caire dont les habitants ont laissé éclater leur colère contre les pouvoirs publics. « Il y a peu d’espoir de retrouver quelqu’un en vie », a déclaré un responsable de la police sur place. «La chaleur et la poussière sont intenables. Les personnes ici ont du mal supporter ces conditions, alors ça doit être pire pour ceux pris au piège». Au moins 31 personnes ont péri et 47 autres ont été blessées samedi dans l’éboulement de gigantesques blocs de pierre qui ont balayé au moins 35 habitations du bidonville de Manshiyet Nasser, densément peuplé situé dans le nord-est du Caire, selon le ministère de la Santé.
Le bilan final pourrait être beaucoup plus lourd, des dizaines de personnes ayant pu être ensevelies. Le responsable de la police a précisé que les autorités avaient donné l’ordre aux habitants de quitter la zone pour permettre de détruire certaines maisons et laisser passer les grues et engins de déblaiement qui n’ont toujours pas pu intervenir. Un peu plus tôt, dimanche, des habitants en colère ont jeté des pierres sur la police et fustigé l’inefficacité des pouvoirs publics. «Des habitants jettent des pierres sur la police et insultent les responsables de la sécurité civile», a déclaré sous couvert de l’anonymat un responsable des services de sécurité. «Ils sont en colère parce qu’ils pensent que les secours sont lents et inefficaces. » Le drame s’est produit à une heure où beaucoup d’habitants dormaient encore, en ce jour de week-end et de début du ramadan. Le président égyptien Hosni Moubarak a demandé au gouvernement de préparer des lieux d’hébergement pour les personnes ayant perdu leur toit et de débloquer des indemnisations pour les familles des victimes, selon le quotidien officiel Al-Ahram. À la suite d’une réunion d’urgence, le Premier ministre Ahmed Nazif a annoncé que le gouvernement allait examiner toutes les zones d’urbanisation sauvage que compte le pays. Certains habitants ont imputé le drame à des travaux débutés il y a plusieurs semaines sur la colline, affirmant que les autorités avaient été alertées des risques. La masse désertique du Moqattam est faite d’escarpement calcaire. De très nombreux quartiers de ce genre se sont nichés à son pied, le long du principal périphérique de la métropole.


• Mona Salem (AFP)

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