Lundi soir, Ali Khamenei a rejeté toute reprise des relations avec les Etats-Unis, laissant entendre qu’il y allait de l’existence même de la République islamique d’Iran. «Ces derniers jours, certains parlent de la nécessité de ne pas laisser passer l’opportunité» de renouer le dialogue, «est-ce que se rendre à l’ennemi, c’est ne pas laisser passer l’opportunité», a demandé l’ayatollah. Cette polémique a débuté par l’envoi d’une lettre signée par 153 députés réformateurs iraniens, et qui réclamait une normalisation des relations avec le reste de la communauté internationale. Un débat soulevé dans le pays suite à la guerre en Irak, pays qui figurait aux côtés de l’Iran et de la Corée du Nord dans «l’axe du mal» du président américain… «Se rendre à l’ennemi n’est pas la solution, cela ne ferait que renforcer son moral, ses exigences et son aventurisme», leur a répondu Ali Khamenei.
Reste que, selon le porte-parole du Département d’Etat américain, Philip Reeker, les deux camps se sont bel et bien parlé la semaine dernière à Genève. Ils y ont notamment évoqué la question de l’avenir de l’Irak, et le conflit israélo-palestinien. Sans parler de «normalisation» entre les deux pays, en rupture diplomatique depuis 1980, ces entretiens révélés par la presse ont été confirmés mardi par une porte-parole de l’ONU. Selon Marie Heuzé, ces discussions ont eu lieu dans le cadre informel d’un groupe de huit pays, formé en 2000 autour de la crise afghane. Cette responsable a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une négociation, mais, de la part de l’ONU, «de faciliter un dialogue». Il faut dire que Washington et Téhéran ont actuellement beaucoup de sujets en commun : l’instabilité en Afghanistan, certes, mais aussi le Hezbollah libanais – le président Khatami a rencontré Cheikh Hassan Nasrallah mardi à Beyrouth – et l’Irak, où la montée en puissance de la communauté chiite inquiète les Américains.








