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Zapatero rend visite aux immigrés de Sebta

M. Zapatero a été accueilli avec enthousiasme par les 492 résidents du Centre de Séjour temporaire d’immigrants (Ceti) de l’enclave espagnole frontalière avec le Maroc, qui en revendique la souveraineté. La moitié étaient originaires du Bangladesh.
"Nous sommes pauvres et nous vous demandons de nous aider avec nos papiers", disaient certaines des pancartes portées par les immigrés du Ceti, qui avait été saturé à l’automne après des assauts massifs de clandestins venant d’Afrique noire.
M. Zapatero, dont le gouvernement a régularisé près de 700.000 clandestins au printemps 2005, avait insisté avant sa visite au Ceti sur la nécessité d’une "immigration légale et ordonnée".
En 2005, 14 personnes sont mortes, certaines tuées par balles, lors de tentatives d’infiltration dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, la seule frontière terrestre entre l’Union européenne et l’Afrique et l’une des plus inégalitaires du monde.
Des centaines d’immigrants avaient été raflés et dispersés dans le désert, parfois sans eau ni nourriture, par les forces de sécurité marocaines, avant d’être finalement expulsés massivement par avion vers leurs pays d’origine.
L’armée espagnole avait été dépêchée pendant deux mois et demi pour surveiller la frontière et les barbelés de séparation avaient été surélevés de trois à six mètres.
L’ONG SOS Racisme a salué la visite de M. Zapatero. Mais son porte-parole, Diego Lorente, s’est dit "préoccupé de ce qu’il y a derrière ce voyage, après les tentatives d’externaliser les frontières et les traités plus ou moins secrets entre l’Espagne et le Maroc pour que le pays africain soit le gendarme de l’Europe".
Contrairement aux souhaits de son opposition de droite, M. Zapatero n’a fait ni à Ceuta ni à Melilla, où il se trouvait mardi, de référence spécifique au caractère "espagnol" de ces territoires revendiqués par le Maroc.
La presse marocaine a repris mercredi les critiques émises par le porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdellah, qui avait qualifié mardi la visite de M. Zapatero d’"inopportune".
Mais le secrétaire d’Etat espagnol à la Communication, Fernando Moraleda, a nié toute tension: "pour le gouvernement espagnol, ce qui est important est que la relation avec le Maroc va être et continuera d’être magnifique", a-t-il dit sur la radio Cadena Ser.
M. Zapatero est le premier chef du gouvernement espagnol depuis Adolfo Suarez en 1980 à se rendre à Ceuta et Melilla, des enclaves d’une superficie totale de 32,5 km2 avec 130.000 habitants, et sur lesquelles l’Espagne exerce sa souveraineté depuis 1580 et 1496 respectivement.
Lors de sa visite, M. Zapatero a cité Ceuta en exemple de "cohabitation des cultures et des religions".
"Tous veulent les mêmes droits, tous doivent faire le même effort pour vivre ensemble, tous doivent être considérés par les gouvernements avec un regard ouvert qui représente une vision démocratique, intégratrice, humaniste de la vie en commun", a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement socialiste faisait référence à Ceuta, où vivent 74.000 personnes dont 40% de musulmans et de nombreux immigrés, mais aussi au débat sur l’élargissement de l’autonomie des régions qui déchire l’Espagne.