Aides indexées sur l’inflation, compte épargne pour les ménages vulnérables, SMIG augmenté à 5.000 DH…
Politique. Fort d’une expérience de cinq années passées à la tête du gouvernement, le Rassemblement national des indépendants (RNI) propose au peuple marocain un programme ambitieux, réaliste et réalisable pour la période 2026‑2031. Un programme qui est le fruit d’un vaste processus participatif à travers une série d’initiatives de dialogue et de consultation lancées par le parti depuis son sixième congrès national et tout au long du mandat gouvernemental actuel, en commençant par « La Voie de la Confiance », en passant par « La Voie des Villes », « La Voie du Développement » et « La Voie des Réalisations », pour aboutir à « La Voie de l’Avenir ». Un programme qui se décline en 12 mesures. Les détails.
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MESURE 1
Un bouclier social
La mise en oeuvre d’un système de ciblage efficace basé sur des aides sociales directes a été l’un des grands moments du mandat gouvernemental actuel. Sur cette même voie, le RNI propose d’indexer les aides directes pour protéger les plus vulnérables en ajustant automatiquement le montant des aides à l’évolution des prix. Cette mesure, qui permettra d’absorber les chocs économiques et de préserver le pouvoir d’achat des bénéficiaires face aux hausses soudaines, agira comme un véritable bouclier social pour préserver le pouvoir d’achat. Le RNI s’engage également à restructurer les circuits de distribution des produits alimentaires. En parallèle, un dispositif renforcé de contrôle des prix et de la qualité des produits de consommation, en particulier alimentaires, sera déployé en coordination avec les autorités publiques. Cette mesure permettra d’inscrire le Maroc parmi les pays pionniers en matière de protection sociale par l’introduction d’un mécanisme dynamique de protection du pouvoir d’achat, capable de s’adapter aux changements des circonstances économiques pour protéger la dignité et le pouvoir d’achat des familles vulnérables.
MESURE 2
Bouclier d’épargne
Alors que les mécanismes d’épargne classiques demeurent largement inaccessibles ou inadaptés aux travailleurs du secteur informel, le RNI propose dans le cadre d’un bouclier d’épargne la mise en place d’un compte d’épargne simplifié, accessible via téléphone mobile ou guichet de proximité, dans lequel l’État complète chaque dépôt par une contribution publique. L’objectif est de permettre aux travailleurs du secteur informel et aux ménages vulnérables de se constituer, progressivement et à leur rythme, un capital de protection et d’investissement. En combinant un abondement simple et lisible et un compte à double vocation (précaution et investissement), ce dispositif capitalise sur les meilleures pratiques internationales tout en tirant parti des avantages compétitifs du Maroc, dont un Registre national de la population, un réseau postal-bancaire dense, et de nombreux établissements de paiement. Il positionne le Maroc parmi les pays pionniers qui font de la protection sociale non seulement un filet de sécurité, mais aussi un tremplin vers l’autonomie et l’inclusion économique.
MESURE 3
Un SMIG à 5.000 DH
Le RNI propose de poursuivre la trajectoire de revalorisation du SMIG, engagée par le gouvernement dans le cadre des accords du dialogue social. Pour le parti, revaloriser le SMIG, c’est d’abord un soutien au pouvoir d’achat. Cet effort de revalorisation ne saurait laisser de côté les travailleurs agricoles. Le RNI s’engage ainsi à poursuivre la revalorisation du salaire minimum agricole (SMAG) à un rythme au moins égal à celui du SMIG. Cette revalorisation s’inscrira dans une démarche plus large de consolidation des régimes de retraite, menée en concertation avec les partenaires sociaux. La revalorisation des salaires et des pensions, au cours du mandat, est une mesure de pouvoir d’achat, d’efficacité économique et de justice sociale. En poursuivant l’effort de revalorisation des salaires pour les travailleurs modestes, ainsi que l’augmentation des pensions, cette mesure récompense le travail, encourage la formalisation et renforce la solidarité nationale.
MESURE 4
Crédit d’impôt éducation jusqu’à 5.000 dirhams par an et par enfant
Le RNI propose d’instaurer un crédit d’impôt éducation pouvant atteindre 5.000 dirhams par an et par enfant, applicable aux frais de scolarité du préscolaire au lycée, à partir de l’année 2028. Cette mesure vise à alléger significativement la charge financière des familles de la classe moyenne qui investissent dans l’éducation de leurs enfants. Le montant proposé représente un soutien concret et substantiel aux familles et le ciblage reste efficace en s’adressant aux familles avec enfants scolarisés. Le crédit d’impôt proposé représenterait l’une des approches les plus généreuses parmi les pays émergents, positionnant le Royaume comme leader régional dans le soutien à l’éducation des classes moyennes. En soutenant l’éducation, dans l’ensemble des écoles, qu’elles soient publiques ou privées, l’État investit dans l’avenir du pays et dans la formation des générations qui porteront le développement du Maroc dans les décennies à venir.
MESURE 5
Un mix hydrique «Barrages-Interconnexions-Dessalement»
Pour les 5 prochaines années, la priorité pour le RNI est de sécuriser l’accès à l’eau, en réduisant la dépendance aux aléas climatiques. Pour cela, il sera question de la poursuite de la transformation du modèle hydrique national autour du mix intégré «Barrages-Interconnexions-Dessalement ». Il s’agit ainsi d’investir dans les barrages pour mieux capter et conserver les ressources disponibles, avec pour objectif de porter la capacité nationale de stockage à près de 26 milliards de m³ à l’horizon 2031. Parallèlement, le développement des interconnexions entre bassins hydrauliques sera accéléré pour les ériger en véritables «autoroutes de l’eau», afin de transférer les excédents des régions les mieux dotées vers les zones déficitaires et de renforcer la solidarité hydrique nationale. Enfin, le recours au dessalement et aux ressources non conventionnelles, sera généralisé afin de sécuriser durablement l’alimentation en eau potable des grandes villes et de libérer les ressources conventionnelles pour les autres usages, notamment agricoles.
MESURE 6
Une énergie verte et des ménages autosuffisants
Le RNI veut déployer un programme national d’équipement en panneaux solaires à grande échelle, permettant aux familles de produire leur propre électricité, de réduire durablement leur facture et de revendre leur surplus. Cette transformation fera du citoyen un acteur de la transition énergétique, et de l’énergie une source de revenu plutôt qu’une dépense contrainte. L’accès à ce dispositif sera garanti sans paiement initial. Des mécanismes de financement encadrés par l’État permettront aux ménages de s’équiper sans supporter des coûts initiaux élevés. Le remboursement s’effectuera progressivement grâce aux économies réalisées sur la facture d’électricité. L’État mobilisera des partenariats public-privé pour sécuriser les investissements et garantir aux citoyens un coût avantageux de leur consommation énergétique. Pour les ménages bénéficiaires des aides sociales directes, la protection sera assurée par le Bouclier Social pour préserver le pouvoir d’achat (Mesure #1). Les prix de l’énergie seront explicitement intégrés dans l’indice d’inflation qui déclenche l’indexation automatique des aides sociales directes.
MESURE 7
Réussite scolaire pour tous
Le parti s’engage à poursuivre les efforts dans le domaine éducatif à travers l’accélération du rythme de réforme. Il s’agit ainsi de la généralisation des infrastructures de qualité et l’accès au numérique, en plus d’une réduction des inégalités. Il est question de consolider et d’étendre la rénovation du modèle pédagogique à l’ensemble des cycles, en plus du renforcement de la gouvernance du système éducatif pour ancrer durablement la réforme. La poursuite du déploiement des établissements pionniers constitue l’axe central de la transformation du système éducatif. Les écoles et collèges pionniers, qui ont démontré leur efficacité dans l’amélioration des apprentissages et la réduction du décrochage scolaire, seront généralisés pour atteindre une couverture de 100% d’ici 2027 pour les écoles et 2028 pour les collèges. Les lycées pionniers seront introduits à partir de 2028, et généralisés d’ici à la fin de l’année 2031. Chaque établissement pionnier intègre des méthodes pédagogiques innovantes, un accompagnement personnalisé des élèves et des infrastructures modernes adaptées à leurs besoins. Les zones rurales seront entièrement desservies en transport scolaire en partenariat avec les collectivités territoriales.
MESURE 8
Des soins abordables pour tous
Alors que l’accès aux soins a enregistré des progrès constants et remarquables au cours des cinq dernières années, le RNI veut aller encore plus loin. Le parti compte s’attaquer aux obstacles qui entravent encore l’accès aux soins, à travers plusieurs leviers complémentaires : 1. La mise en place de parcours de soins mieux coordonnés grâce à la généralisation des Groupements sanitaires Territoriaux (GST) à l’ensemble des régions; 2. Le renforcement des infrastructures sur la base de la carte sanitaire numérisée ; 3. L’accroissement de la densité médicale avec l’introduction du médecin de famille et le déploiement d’agents de santé ruraux ; 4. La digitalisation du système de santé autour de l’identifiant santé numérique ; 5. La création d’un SAMU national sous le numéro unique 141 ; 6. La mise en place d’une stratégie nationale de prévention ; 7. Le Plan santé mentale pour combler le retard structurel constaté ; 8. La réduction des prix des médicaments et l’actualisation des protocoles et des barèmes de remboursement des actes médicaux, puis l’introduction progressive du tiers-payant, pour garantir un accès équitable aux soins pour les familles modestes ; 9. Le renforcement de notre souveraineté sanitaire.
MESURE 9
Nouvelle dynamique d’emploi partout au Maroc
Une politique active de soutien à l’emploi sera centrale à la politique économique proposée pour la période 2026- 2031. Dans la dynamique de la feuille de route de l’emploi à l’horizon 2030, l’action du RNI mobilisera les ressources prévues, soit 15 milliards de dirhams sur la période 2026-2031, réparties entre stimulation de l’investissement, préservation de l’emploi rural et renforcement des programmes d’emploi. L’objectif étant de ramener le taux de chômage de 10,8% à près de 9% d’ici 2030. Cet objectif s’adosse à un scénario macroéconomique réaliste. Sur la base d’une croissance économique de 5% par an, soit le rythme déjà observé en 2025-2026 (4,9%), les activités non agricoles devraient croître de 5,2% par an sur la période 2027-2030. Soutenir cette trajectoire requiert de consolider le taux d’investissement à 33% du PIB, avec un volume moyen d’investissement de 685 milliards de dirhams par an entre 2027 et 2029, puis de 810 milliards en 2030. Ces niveaux se situent dans le prolongement naturel de la dynamique d’investissement déjà amorcée, atteignant 564 milliards par an en 2025-2026.
MESURE 10
Une allocation pour le retour à l’emploi
L’allocation pour le retour à l’emploi (ARE) remplace et améliore l’indemnité pour perte d’emploi (IPE) actuellement en vigueur. Cette mesure introduit une véritable protection contre le chômage, en adéquation avec la réalité du marché du travail. Le dispositif ARE introduit une architecture innovante pour offrir une protection adaptée aux travailleurs. Il bénéficie aux travailleurs formels satisfaisant à deux conditions: celles d’avoir cotisé pendant au moins 520 jours au cours des trois dernières années (contre 780 pour l’IPE), et 186 jours au cours des 12 derniers mois (contre 260 pour l’IPE). Pour ces travailleurs, l’ARE représente 70% du salaire de référence, avec un plafond relevé à 4 fois le SMIG. Cette réforme relâche le plafonnement au SMIG de l’IPE qui pénalise les cadres moyens et supérieurs. La réduction significative de l’exigence minimale en nombre de jours cotisés s’aligne sur la réalité du marché du travail où le nombre moyen de jours déclarés annuellement se situe entre 211 et 220 jours. Elle permettra d’inclure une proportion beaucoup plus importante de travailleurs, notamment ceux ayant des parcours professionnels discontinus. L’ARE sera versée pendant une durée maximale de 12 mois, contre 6 mois pour l’IPE, offrant ainsi un soutien étendu dans le temps pour retrouver un emploi, tout en maintenant un niveau minimal de ressources pendant la recherche d’emploi.
MESURE 11
Un contrat permanent adapté aux emplois intermittents
Cette mesure s’adresse aux travailleurs durablement rattachés à un même employeur sur des cycles récurrents et prévisibles. Elle est inspirée du fijo discontinuo espagnol, dont les résultats sur la stabilisation du marché du travail ont été significatifs. Le salarié est embauché en CDI et travaille pendant les périodes d’activité. Entre les saisons, le contrat est suspendu, mais le lien d’emploi est maintenu. Le salarié reste officiellement employé, conserve son ancienneté, et est rappelé automatiquement à chaque nouvelle saison par priorité légale. L’employeur ne supporte aucune charge salariale pendant la suspension, mais maintient le salarié dans ses effectifs et auprès de la CNSS. Cette voie est particulièrement adaptée aux établissements touristiques et hôteliers à forte saisonnalité prévisible, aux grandes exploitations agricoles structurées qui réembauchent les mêmes équipes d’une campagne sur l’autre, et plus généralement à toute structure dont l’activité connaît des cycles intermittents mais dont la main-d’oeuvre est stable. Pour que la promesse de protection contre le chômage atteigne effectivement les saisonniers, le RNI propose d’introduire l’ARE (allocation pour le retour à l’emploi) saisonnière, une déclinaison spécifique qui repose sur des principes définis.
MESURE 12
Fonds de prêts productifs gratuits pour les plus vulnérables
Pour faciliter l’inclusion économique, le RNI propose de créer un Fonds de prêts productifs offrant des prêts à taux zéro à la population vulnérable souhaitant financer un petit projet productif en phase avec les besoins du pays, notamment via l’économiesociale, les services du care, l’industrie culturelle et créative. Ces prêts seront garantis par l’État, supprimant ainsi le risque qui empêche aujourd’hui les établissements financiers de prêter à cette population. Ce Fonds complète l’architecture proposée en ouvrant une voie d’autonomisation complémentaire à l’emploi salarié. Là où le CDI saisonnier et l’allocation pour le retour à l’emploi sécurisent les travailleurs du salariat formel, le Fonds équipe les plus vulnérables qui ont la capacité et la volonté de créer leur propre activité. Pris ensemble et combinés aux autres mesures prises pour la promotion de l’emploi, ces mécanismes couvrent l’entièreté des parcours de sortie durable de la précarité. Le programme des Indépendants ambitionne également d’élargir le périmètre de ce fonds pour englober l’ensemble de nos compétences marocaines à l’étranger porteuses d’idées entrepreneuriales, et les soutenir pour développer leurs projets sur le sol national.










