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À quatre mois de la fin de mandat, le RNI présente sa lecture du bilan gouvernemental : Une trajectoire économique et sociale jugée solide et structurée

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L’action gouvernementale s’inscrit dans une trajectoire de transformation en profondeur plutôt que dans la recherche de résultats immédiats.

Evaluation : La présentation du bilan gouvernemental, lundi à Rabat, s’est voulue bien plus qu’un simple exercice de communication. À travers les différentes interventions, elle a été posée comme un moment de clarification et de mise en perspective de l’action publique, dans un contexte marqué par des chocs externes majeurs et des attentes sociales élevées.

 

D’emblée, Mohamed Chouki, président du Rassemblement national des indépendants, a inscrit cette rencontre dans une logique de débat public fondé sur des «données précises et des chiffres vérifiés». Pour lui, la tenue de cette conférence intervient dans le prolongement d’un acte institutionnel fort : la présentation par Aziz Akhannouch de son bilan devant le Parlement pour la deuxième fois, un geste qu’il a qualifié de «message clair de respect de la Constitution» et d’illustration du principe de reddition des comptes.
Au-delà de la forme, le fond du discours s’articule autour d’une idée centrale : le bilan ne saurait être réduit à une juxtaposition de mesures. Il s’agit, selon Mohamed Chouki, d’un ensemble cohérent de politiques publiques, structurées autour de deux axes majeurs. Le premier concerne le renforcement de la souveraineté nationale, notamment dans sa dimension économique et dans la consolidation de la capacité de décision autonome. Le second repose sur l’ancrage de l’État social, à travers des chantiers comme la généralisation de l’assurance-maladie obligatoire, le soutien au logement ou encore l’élargissement des programmes sociaux.

Dans cette lecture, l’action gouvernementale s’inscrit dans une trajectoire de transformation en profondeur plutôt que dans la recherche de résultats immédiats. «Il ne s’agit pas de produire des effets conjoncturels», a insisté M. Chouki, mais bien de «changer les règles du jeu économique et du pilotage public» grâce à des réformes structurelles destinées à garantir la durabilité. Cette approche se traduirait, selon lui, par une amélioration progressive des indicateurs macroéconomiques : croissance orientée à la hausse, investissement en progression et consolidation des finances publiques, avec une capacité accrue de l’État à mobiliser ses ressources sans compromettre les grands équilibres.
La dimension fiscale est également mise en avant comme levier central. Les réformes engagées auraient permis, d’après les intervenants, d’alléger la pression sur les acteurs économiques tout en élargissant l’assiette et en générant de nouvelles marges de manœuvre budgétaires. Une équation délicate, présentée comme le fruit d’« une nouvelle manière de penser » et d’un « certain courage » dans la prise de décision.

Cette grille de lecture est reprise et prolongée par Yassine Oukacha, président du groupe parlementaire du parti à la Chambre des représentants. Celui-ci a insisté sur le choix assumé de ne pas recourir à des politiques d’austérité, malgré un contexte international particulièrement contraint. Entre la pandémie Covid-19, la guerre en Ukraine et les tensions sur les marchés mondiaux, le gouvernement aurait, selon lui, privilégié une stratégie de soutien et de réforme simultanée.

« L’économie impose que toute réforme nécessite du financement », a-t-il rappelé, soulignant que l’option retenue a consisté à réformer en profondeur le système fiscal pour créer des marges financières, plutôt que de réduire la dépense publique de manière brutale. Cette orientation aurait contribué à renforcer la résilience de l’économie nationale, avec une croissance estimée à 4,1 % et une projection avoisinant les 5 % pour l’année en cours, contre des niveaux nettement plus faibles en début de mandat.
Les intervenants ont également mis en avant la reconnaissance de cette dynamique par des institutions nationales et internationales, citant notamment le Haut-Commissariat au Plan et l’agence Moody’s. Pour Yassine Oukacha, ces signaux confirment la solidité du modèle engagé et la pertinence des choix opérés.
Sur le plan social, le bilan présenté insiste sur l’effort budgétaire consenti dans des secteurs clés. Le budget de la santé serait ainsi passé de 18 à 40 milliards de dirhams, tandis que celui de l’éducation atteindrait un niveau inédit proche de 100 milliards. Ces évolutions sont présentées comme la traduction concrète de la volonté de bâtir un État social effectif, capable de répondre aux attentes des citoyens et de protéger leur pouvoir d’achat.

Au final, la conférence a cherché à imposer une lecture globale et structurée de l’action gouvernementale : celle d’un Exécutif qui, face à une conjoncture défavorable, aurait fait le choix de la réforme plutôt que du repli, de l’investissement plutôt que de la contraction, et de la transformation de long terme plutôt que de la gestion au jour le jour. Reste désormais à confronter cette lecture à celle des autres acteurs du débat public, dans un contexte où la question de l’évaluation du bilan s’annonce, plus que jamais, centrale.

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