Abderrahmane El Youssoufi : Une icône politique s’en est allée

Abderrahmane El Youssoufi : Une icône politique s’en est allée

Le Souverain adresse un message de condoléances à la veuve du regretté

Le Maroc est en deuil. Le pays vient de perdre un symbole de toute une époque. L’ancien Premier ministre, Abderrahmane El Youssoufi, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à Casablanca, à l’âge de 96 ans. En cette douloureuse occasion, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé un message de condoléances à Mme Hélène El Youssoufi, veuve de ce grand militant. Dans ce message, le Souverain affirme avoir appris avec une vive émotion et une profonde tristesse la nouvelle du décès du grand militant, Feu Maître Abderrahmane El Youssoufi, ajoutant que sa disparition constitue une perte considérable, non seulement pour sa famille, mais aussi pour son pays, le Maroc, qui perd l’un de ses hommes les plus valeureux. De fait, un pan entier de l’histoire du Maroc contemporain porte la marque de sa personnalité singulière et de son style unique d’homme fidèle et loyal, clairement attaché aux principes et guidé par un sens éminent des responsabilités, affirme le Souverain.

En cette douloureuse circonstance survenue selon la volonté imparable du Seigneur, SM le Roi exprime Ses plus sincères condoléances et l’expression de Sa profonde compassion à Mme Hélène El Youssoufi et, à travers elle, aux proches du regretté disparu, à ses amis, à ses partisans, à sa grande famille politique nationale, notamment au parti de l’Union socialiste des forces populaires. Le Souverain dit avoir une pensée émue et déférente pour le défunt aux grandes qualités humaines, soulignant que son patriotisme sincère ne se démentit jamais au cours des décennies de son action militante. Son parcours fut voué à la défense des droits de l’Homme et sa vie politique fut jalonnée d’énormes sacrifices. Mu par un dévouement ardent au service des intérêts supérieurs de la patrie, il a toujours témoigné un attachement inébranlable au Glorieux Trône Alaouite, un loyalisme sans faille aux symboles sacrés et aux constantes de la Nation, poursuit le message. «Nous prenons la pleine mesure de cette perte cruelle. Nous nous rappelons combien l’illustre défunt s’était engagé, dès la première heure, dans la lutte anticoloniale et avec quelle humilité et quelle abnégation il consacra toute sa vie au service des Causes sacrées de son pays», rappelle le message royal.

Le Souverain souligne que, «animé de telles valeurs, le défunt brilla dans l’accomplissement des missions qui lui furent successivement confiées, notamment celle de Premier ministre au sein du gouvernement de l’alternance, sous le règne de Notre Vénéré Père, Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu ait son âme, puis sous celui de Notre Majesté». Le message royal souligne que le regretté disparu, que Dieu l’agrée en Sa miséricorde, œuvra ainsi lors d’une étape historique marquante dans le processus de consolidation de notre choix démocratique et révéla sa stature d’homme d’Etat, sage et chevronné. «Partageant votre chagrin en ces moments pénibles, Nous vous assurons de Notre constante et bienveillante sollicitude et implorons le Très-Haut de vous inspirer réconfort et consolation. Qu’Il accueille le défunt dans Ses immenses paradis, qu’Il lui accorde Son infinie miséricorde, et qu’Il lui réserve la meilleure des récompenses, en rétribution des bons et loyaux services rendus à son Roi et sa Patrie», souligne le message. Il faut dire que le grand homme politique a su traverser les étapes successives dans le milieu politique tout en restant fidèle à ses principes et son combat. Très tôt, ce natif de Tanger un 8 mars 1924 rejoint les rangs du mouvement national alors qu’il était encore élève interne au Lycée Moulay Youssef de Rabat.

Le défunt fut membre du secrétariat général de l’Union nationale des forces populaires, qui va devenir en 1975 l’Union socialiste des forces populaires (USFP), et rédacteur en chef de son organe «Attahrir» entre 1959 et 1965. L’homme politique entre définitivement dans l’histoire du pays en étant chargé le 4 février 1998, par Feu SM le Roi Hassan II, de former le gouvernement d’alternance qu’il présentera au Souverain le 14 mars de la même année.
Après la mort de Feu SM le Roi Hassan II, SM le Roi Mohammed VI le maintient à la tête du gouvernement en lui rendant un hommage remarquable.
Il est reconduit dans ses fonctions de Premier ministre dans le gouvernement formé le 6 septembre 2000 et y restera jusqu’au 9 octobre 2002. Le gouvernement d’alternance qu’il a conduit à une étape charnière de l’histoire du pays restera dans les annales comme étant un gouvernement qui a lancé de nombreux projets et initiatives politiques et économiques, destinés à réconcilier le grand public avec la politique. Même si Me El Youssoufi a officiellement pris sa retraite politique à la fin de son mandat à la tête du gouvernement d’alternance, il est resté respecté et écouté par ses pairs à la fois dans son propre parti et dans les milieux politiques. Avec sa longue expérience, il avait un regard perspicace et profond de la situation du pays mais également dans certains dossiers internationaux. Le grand public avait rendez-vous, il y a quelques mois, avec la publication de ses mémoires, codirigé avec certains de ses compagnons de route.

Respecté et admiré par toute une nation

Il était un homme politique d’une classe particulière. Car rares sont les hommes politiques ayant gardé le respect et l’admiration de toute la nation et en hauts lieux même après la retraite. Ainsi et en 2016, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait inauguré à Tanger une avenue portant le nom du défunt, en hommage à son patriotisme.
En 2019, le Souverain, Chef suprême et Chef d’État-major général des FAR, avait présidé à Tétouan la cérémonie de prestation de serment de 1.839 officiers lauréats des différents instituts et écoles militaires et paramilitaires et officiers issus des rangs, dont 283 officiers femmes, et avait baptisé cette promotion du nom de Aderrahmane El Youssoufi, en hommage à ses principes immuables de patriotisme, d’attachement aux symboles sacrés de la Nation et à l’intégrité territoriale du Royaume.
L’ancien Premier ministre, Abderrahmane El Youssoufi avait été hospitalisé dimanche dans la clinique Cheikh Khalifa à Casablanca. Il avait été admis en réanimation suite à un problème de santé. Il a été inhumé ce vendredi même après la prière d’Addohr. Adieu Me El Youssoufi. Vous resterez gravé dans nos mémoires à jamais. «Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons».

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