Banque de sang : Des stocks mal exploités, périmés puis détruits !

Banque de sang : Des stocks mal exploités, périmés puis détruits !

Une mission parlementaire appelle à revoir la gestion pour éviter le gaspillage

La politique de répartition des stocks laisse à désirer, ce qui rend la bonne gestion des poches récoltées et l’atteinte d’une autosuffisance complètement hors d’atteinte.

C’est une révélation retentissante. Il est de notoriété publique que les stocks de sang atteignent des niveaux inquiétants dans les différents régions faute de donneurs suffisants, mais il semble que le déficit enregistré a d’autres explications pour le moins inattendues. Dans ce sens, le peu de poches récoltées ne sont pas gérées d’une manière optimale. Dans ce sens, la mission parlementaire provisoire sur les centres de transfusion sanguine appelle à «une révision de la gestion des stocks pour éviter le gaspillage de poches de sang en nombre considérable inutilisé, ce qui conduit à les détruire».

Les députés n’ont pas donné plus de détails sur les raisons qui conduisent au stockage de quantités de sang jusqu’à la date de leur péremption au moment où les responsables ne cessent de tirer l’alarme sur l’épuisement des stocks. Une chose est sûre. La politique de répartition des stocks laisse à désirer, ce qui rend la bonne gestion des poches récoltées et l’atteinte d’une autosuffisance complètement hors d’atteinte. La mission parlementaire qui a présenté ses conclusions et recommandations mercredi dernier à la Chambre des représentants pointe du doigt le cadre légal qui serait aujourd’hui dépassé. En effet, la loi en vigueur actuellement remonte au milieu des années 90 du siècle dernier.

Une nouvelle loi sera ainsi la bienvenue et devrait permettre de remettre à niveau le fonctionnement des différents centres régionaux de transfusion sanguine et revoir la gestion beaucoup trop «centralisée» de la politique nationale en termes de collecte et des réserves de cette matière qui peut sauver des vies et bien les condamner en cas de manque. L’autre information qui attire l’attention concerne les appels d’offres publics concernant le sang lancé par le ministère de la santé. Des appels d’offres remportés quasi exclusivement par des sociétés privées. Il faut signaler que le sang peut être importé de l’étranger. Depuis 2010, cette possibilité existe au Maroc.

Un commerce juteux

Selon les parlementaires, il existe une situation paradoxale concernant les appels d’offres publics. Car le Centre national de transfusion sanguine ne peut pas, en raison de son statut, soumissionner à ce genre d’opération. Résultat, le secteur privé a remporté les appels avec des prix plus importants que ceux pratiqués par le secteur public. Pour la mission parlementaire, les amendements et changements de lois doivent permettre de corriger cette situation de sorte à permettre au secteur public d’être éligible afin d’améliorer sa compétitivité et son rendement sans oublier bien évidemment les recettes générées par ce genre d’opérations. Il existe d’autres recommandations formulées par la mission parlementaire.

Concrètement, il est question de revoir la loi réglementant les dons de sang au Maroc datant de 1995 tout en dotant le système de transfusion à l’échelle nationale de mécanismes et des moyens juridiques, humains et matériels nécessaires sur la base d’un contrat programme entre l’État et le Centre national de transfusion sanguine. De même, les députés lancent un appel pour mettre à la disposition des professionnels, les moyens de transport et les équipements nécessaires pour s’acquitter de leurs responsabilités sans oublier le recrutement d’un nombre suffisant de cadres, pour combler le déficit actuel en nombre de ressources humaines, dans leurs différentes catégories. Dans ce sens, un effort est demandé à différents acteurs, notamment le ministère de la santé et les collectivités locales ou pourquoi pas d’autres intervenants.

Aussi, le rapport recommande la création d’un système d’indemnisation en faveur des fonctionnaires des services de transfusion et d’assurer un programme de formation continue pour suivre le rythme des développements et progrès scientifiques et médicaux en plus de la création d’une spécialisation dans les facultés de médecine et la mise en place d’une filière au niveau des centre de formation pour les infirmières et les techniciens. Parmi les recommandations, il y a enfin la mise en place d’une stratégie de suivi et de contrôle permanent des stocks de sang dans toutes les régions du Royaume grâce à des mécanismes spéciaux et des moyens financiers, humains et logistiques pour maintenir un niveau adéquat de stocks de sang et de ses dérivés.

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