CDT, FDT et UMT: Vers un méga-syndicat ?

CDT, FDT et UMT: Vers un méga-syndicat ?

Un géant syndical serait-il en train de voir le jour ? En effet, la FDT (Fédération démocratique du travail), la CDT (Confédération démocratique du travail) et l’UMT (Union marocaine du travail) entament une nouvelle étape. Dans un communiqué conjoint, publié à l’issue d’une réunion commune le samedi 10 mai 2014,  à Casablanca, les trois centrales syndicales ont appelé leurs instances décisionnelles à se réunir à la même date avec un ordre du jour similaire et des projets de recommandations communs.

Tout porte à croire que la FDT, la CDT et l’UMT ne s’arrêteront pas à ce niveau. Le scénario d’une fusion est plus que jamais possible d’autant plus que sur le plan historique, les trois syndicats ont les mêmes origines. Pour rappel, la FDT était née au début des années 2000 d’une sécession avec la CDT qui elle-même née d’une scission avec l’UMT à la fin des années 70 du siècle dernier.

En attendant ce que leur coopération pourra donner de concret dans l’avenir, les trois syndicats donnent pour le moment la priorité à la reprise du dialogue social. «Nous demandons au gouvernement de reprendre les négociations immédiatement pour la concrétisation des revendications et la protection des libertés syndicales», lit-on dans le communiqué.

Après un premier mémorandum envoyé au chef de gouvernement en février dernier, les syndicats reviennent de nouveau à la charge. «Nous avons décidé d’envoyer un courrier au chef de gouvernement pour lui rappeler ses engagements et le mettre en garde contre le fait de continuer à ignorer les revendications légitimes de la classe ouvrière», ajoute la même source. Ainsi, la dernière hausse des salaires minimum, décidée dans le cadre du dialogue social à la veille du 1er mai pour les secteurs public et privé, ne suffit pas selon les syndicalistes.

«Nous réitérons notre position concernant l’offre unilatérale du gouvernement dans le cadre du dialogue social qui reste en deçà des attentes de la classe ouvrière et des salariés d’une manière générale», affirment les responsables des trois syndicats. Les résultats du dialogue social ont été d’ailleurs au centre de la réunion qui a eu lieu samedi au siège central de l’UMT à Casablanca. La rencontre a connu la participation des membres du secrétariat national de l’UMT, les membres du bureau exécutif de la CDT et ceux du bureau central de la FDT en présence bien évidemment des secrétaires généraux des trois syndicats respectivement Miloudi Moukharik, Mohamed Noubir Amaoui et Abderrahmane Azzouzi.

Ces derniers haussent le ton en accusant «le gouvernement de faillir à ses engagements, notamment celui de reprendre le dialogue après le 1er mai sur la base de leur mémorandum». Les responsables de la troïka syndicale ont décidé de maintenir la réunion de leurs instances exécutives respectives ouverte «pour suivre le dossier revendicatif et coordonner l’action commune sur les plans national et international».

A noter enfin qu’une marche avait été organisée à Casablanca début avril par les trois syndicats pour protester contre le traitement accordé par l’Exécutif à leurs revendications.

Une campagne pour l’abolition de l’article 288

Les directions de l’UMT, la CDT et la FDT annoncent le lancement d’une campagne nationale pour l’abolition de l’article 288 du code pénal. Les trois centrales disent que cet article expose les syndicalistes à des peines d’emprisonnement.

L’article en question stipule en effet que «Est puni de l’emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une amende de 200 à 5.000 dirhams ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque, à l’aide de violences, voies de fait, menaces ou manœuvres frauduleuses, a amené ou maintenu, tente d’amener ou de maintenir, une cessation concertée du travail, dans le but de forcer la hausse ou la baisse des salaires ou de porter atteinte au libre exercice de l’industrie ou du travail».

A noter que l’UMT a déjà mené une campagne durant les deux dernières années pour l’abrogation de l’article en question. Cette revendication figure également dans la lettre que les trois centrales syndicales avaient envoyée au chef de gouvernement en février dernier.

 

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