Demain, mercredi 23 septembre 2026, nous serons tous appelés aux urnes. Un événement qu’on appelle élection, du latin electus, « cueillir, choisir ». Rien que de très poétique pour dire qu’on va nous demander de voter pour celles et ceux qui vont gérer nos affaires pendant les cinq années à venir.
Depuis que j’ai l’âge de voter, je ne manque jamais ce rendez-vous. Pas seulement par civisme, mais parce que dans ma famille, c’est devenu une tradition : quelques jours avant le scrutin, nous nous retrouvons pour débattre. Chacun ramène ses informations, ses intuitions, ses certitudes. Nous discutons ferme pendant des heures et des heures. Et puis, le jour J, nous nous rendons ensemble vers le bureau de vote comme une petite expédition conquérante, persuadés que nous allons changer le cours des choses, avant de revenir à la maison comme si de rien n’était.
Ma famille n’est pas issue du monde politique. On n’y débat pas d’idéologie pendant les repas de famille. Mais on débat des chiffres, des résultats, de l’efficacité.
Et l’efficacité, on connaît ! Réserver un restaurant pour un anniversaire ? Nous décortiquons les avis sur trois, quatre, cinq plateformes avant de nous décider. Vacances à l’horizon ? Nous regardons des heures de vidéos sur les destinations avant de réserver. Pour gérer notre quotidien, nous affichons des feuilles de calcul sur les murs comme des trophées. Dans ma famille, nous comparons, nous évaluons, nous optimisons. C’est notre nature. Alors imaginez quand il s’agit de choisir pour cinq ans.
Cette année, j’ai suivi les débats télévisés. J’ai lu quelques programmes électoraux (ils se comptent sur les doigts d’une main, ce qui est déjà un problème en soi). J’ai englouti des dizaines d’articles de presse. J’ai scrollé sur les réseaux sociaux. Mais est-ce vraiment comme ça qu’on décide de l’avenir d’un pays pour cinq ans ?
Me voilà donc investie d’une mission digne des plus grands cabinets de conseil : j’ai créé une grille d’évaluation. Une vraie matrice factuelle. J’ai ressorti les chiffres officiels. Les bilans gouvernementaux publiés. J’ai comparé les promesses de 2021 avec la réalité de 2026. J’ai mis les programmes côte à côte. Et j’ai cherché les preuves, pas les déclarations d’intention.
Les critères ? Ceux qui m’importent le plus : protection sociale, économie et emploi, santé, éducation, lutte contre les disparités.
Puis j’ai regardé les résultats en bas du tableau. Et le résultat est sans appel parce que les chiffres sont difficiles à contredire.
Pour le RNI, parti qui sortait vainqueur en 2021, voici ce que disent exactement les chiffres de 2026 :
En matière de santé, le budget a doublé. C’est +114%. Quatre nouvelles facultés de médecine ouvertes. 1.400 centres de santé rénovés et 1.600 autres programmés. L’Assurance maladie est enfin généralisée même si nous sommes à 88% et pas encore à 100% des marocains. Alors oui, on peut tergiverser sur la qualité, sur l’inégal accès dans les zones rurales les plus éloignées. Mais on ne peut pas dire que rien n’a été fait. La transformation est en marche.
4 millions de familles vulnérables touchent mensuellement 500 à 1.350 dhs.
Dans le secteur de l’éducation, les écoles pionnières, un modèle pédagogique qu’on nous a annoncé avec tant d’enthousiasme, sont aujourd’hui généralisées à 80%.
Sur l’emploi, le secteur où les promesses deviennent du concret pour les familles marocaines : près d’un million de postes créés entre 2021 et 2026. Pas un million parfait, certes. Un million impacté par les pertes d’emplois dans l’agriculture. Mais un million quand même. La Charte d’investissement a enfin été déployée après des décennies d’attente.
Sur les finances publiques (cette base sans laquelle tout s’effondre) : le déficit budgétaire a été réduit de 5,5% à 3% en quatre ans, pendant que d’autres pays s’endettaient allègrement. Et les recettes fiscales ont été augmentées de 59%.
Soyons honnêtes. En 2021, je n’ai pas voté sur la base d’un tableau Excel. J’ai voté sur la base d’une longue réflexion mais j’ai aussi voté en étant poussée par l’émotion. Parce que le changement promis, j’avais vraiment envie d’y adhérer. Parce que quand on nous promet « mieux », on a envie de croire.
Et la promesse a tenu.
Le RNI ne s’est pas retrouvé à la tête du gouvernement avec un programme révolutionnaire. Il y est arrivé en disant simplement : « Nous pouvons faire fonctionner les choses. » Et 5 années plus tard, quand je regarde mon tableau d’analyse factuelle, avec mes critères rationnels et mes données chiffrées, c’est exactement ce qu’il a fait.
Pas parfaitement. Pas encore pour tout le monde. Mais tangiblement.
Cette année, je ne voterai pas par émotion. Je voterai par raison.
Parce qu’en 2026, je ne veux pas d’un nouveau pari. Je veux de la continuité. Je veux que nous cueillions les fruits de cinq années d’avancement au lieu de planter des graines dont nous ignorons l’issue.
Parce que les partis concurrents promettent de grandes choses, et j’ai lu leurs programmes qui s’apparentent pour certains à une vague liste de vœux pieux, mais promesse et preuve sont deux choses différentes. L’une parle, l’autre agit.
J’ai regardé les bilans et comparé les chiffres, j’ai épluché les programmes. Et ce que je vois, c’est qu’un seul parti a une vision claire pour les 5 années à venir, appuyée par un bilan solide de ses cinq dernières années. Les autres ont des promesses.
Parce que j’aime profondément mon pays, je préfère qu’on continue à chercher « mieux » plutôt que de partir vers l’incertain.
Mercredi prochain, je me rendrai aux urnes. Ma famille sera probablement avec moi. Nous aurons probablement débattu pendant une semaine. Et le jour J, nous ferons notre expédition vers le bureau de vote.
Cette année, ce sera un vote du cœur ET de la raison. Ils vont dans la même direction.
Et c’est peut-être ça, la vraie définition de electus : choisir en toute connaissance de cause. Pas parce que c’est beau à entendre. Parce que ça fonctionne.










