Ciblage des aides directes : Le casse-tête

Ciblage des aides directes : Le casse-tête

Les mesures quasi prêtes mais la mise en œuvre sera délicate

Les moyens financiers sont là, le dispositif technique aussi, mais la grande question qui se pose actuellement est qui est réellement éligible parmi les familles ayant une personne ou plusieurs s’activant dans l’économie informel.

Attendu depuis lundi dernier, le communiqué du comité de veille stratégie pour les mesures en faveur des professionnels de l’informel se faisait toujours attendre au moment où nous écrivions ces lignes. Les moyens financiers sont là, le dispositif technique aussi, mais la grande question qui se pose actuellement est qui est réellement éligible parmi les familles ayant une personne ou plusieurs s’activant dans l’économie informel. La réponse est loin d’être facile, ce qui explique le choix du comité d’annoncer les mesures pour les personnes affiliées à la CNSS en primauté. Le ciblage de ces derniers est théoriquement facile, ce qui est loin d’être le cas pour les professionnels de l’informel. S’achemine-t-on alors vers une activation du RSU (registre social unifié) avant la lettre dont le lancement officiel, rappelle-t-on, devait avoir lieu après les prochaines échéances électorales ? Des sources affirment que la réponse peut être probablement oui et non à la fois.

Comment ? Oui parce que les responsables se dirigent à faire appel aux agents d’autorité pour recueillir les informations sur les familles éligibles et donc l’utilisation d’un schéma presque similaire au RSU. Non pour la simple raison que le cadre légal n’est pas encore prêt puisque le projet de loi en question est toujours examiné par le Parlement précisément par la Chambre des conseillers en attendant son adoption définitive. Non aussi parce que les aides décidées actuellement par le comité de veille mis en place par les autorités du pays seront limitées dans le temps en attendant que la situation économique se rétablisse et que la vie reprenne son cours normal, soit pas plus de trois mois éventuellement renouvelables une fois selon l’évolution de la situation épidémiologique au Maroc et dans le monde. Les aides qui seront déployées dans le cadre du RSU, elles, sont appelées à s’inscrire dans le temps pour accompagner les familles se trouvant dans une situation de vulnérabilité ou de précarité. Parmi les questions qui restent encore en suspens, il y a le déploiement du programme dans le milieu rural.

Le schéma qui sera probablement retenu pour ce dernier pourrait être différent de celui appliqué pour les familles en milieu urbain où le choix de virement sur des wallet électroniques reste le scénario le plus plausible en attendant la confirmation par le communiqué du comité de veille. Enfin, la décision relative sur un moratoire pour tous les loyers pendant trois mois pour les locataires sera délicate à mettre en œuvre. Et pour cause, les autorités devront compter sur la compréhension et l’implication des tous les bailleurs. C’est d’autant plus vrai que ces derniers se comptent par dizaine de milliers sur l’ensemble du territoire alors que l’Etat avait devant lui un nombre limité d’établissements de crédit pour le moratoire sur les traites des crédits.   

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