Politique

Communales : Les appétits du PJD

Le parti de la lampe voit grand pour les prochaines élections. Quelques mois auparavant, le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD) avait laissé entendre qu’il ne comptait pas couvrir toutes les circonscriptions. Aujourd’hui, AbdeliIah Benkirane annonce que sa formation couvrira pratiquement toutes les circonscriptions sauf 20%. «Nos candidats couvriront entre 70 et 80% des circonscriptions», a-t-il affirmé dans une allocution prononcée à l’occasion du conseil national de son parti samedi dernier.

«Notre défi n’est pas de gagner les élections même si l’arrivée de notre formation à la première place au cours des prochaines échéances électorales reste, en toute modestie, fort possible», a-t-il ajouté. Les propos du numéro un du PJD qui occupe également le fauteuil du chef de gouvernement représentent indéniablement une rupture. Benkirane avait tenu au cours de toutes ses sorties médiatiques précédentes à minimiser ou plutôt limiter les ambitions de son parti au cours des prochains scrutins.

Il a le plus souvent expliqué que son parti ne peut pas couvrir une grande partie des circonscriptions et que le PJD, en dépit de ses chances, n’est pas sûr d’arriver à la première place après les élections. Que s’est-il passé entre-temps? En tout cas, le chef de l’Exécutif paraît plus que jamais confiant quant à la capacité de son parti de réitérer la même performance que lors des dernières législatives et son arrivée à la première place avec 107 sièges à la première Chambre parlementaire.

Le défi rural

Le parti de la lampe est donc bien loin des 50% des circonscriptions qu’il avait couvertes dans le passé. Mais si les dirigeants pjdistes voient grand aujourd’hui, c’est principalement pour deux raisons. La première, c’est que le parti de la lampe se pose le défi au cours des prochaines élections de s’implanter en milieu rural.

Avec un électorat fondamentalement citadin, le PJD n’avait jamais réussi depuis sa création à percer dans le monde rural. C’est pour cette raison que le principal défi pour cette formation sera d’améliorer son score dans la campagne marocaine. Pour ce faire, le parti a mis en place une stratégie en bonne et due forme. L’élaboration de ladite stratégie a été confiée à Abdelhaq Al Arbi, président de la commission des élections au sein du parti et surtout l’un des plus proches collaborateurs du chef de gouvernement. La deuxième raison consiste en la place qu’occupe le parti aujourd’hui dans le gouvernement.

«Le parti veillera à ce que les élections se déroulent dans un climat de transparence et dans le cadre de valeurs et bonnes conduites», a conclu Benkirane qui n’a eu de cesse de rappeler que la supervision politique des élections sera confiée au chef de gouvernement. Pour rappel, le ministre pjdiste de la justice et des libertés, Mustapha Ramid, préside conjointement avec le ministre de l’intérieur la commission centrale des élections.

Othmani promet des purges


 

Le président du conseil national du PJD, Saâd-Eddine El Othmani, a mis en garde les candidats de son parti. «Lorsqu’un membre du parti enfreint l’une des valeurs de notre formation, nous n’hésiterons pas à prendre les décisions nécessaires et même des opérations chirurgicales difficiles», a-t-il menacé. L’ancien ministre des affaires étrangères et de la coopération promet ainsi des purges.

En effet, le parti de la lampe semble insister plus sur la discipline que sur son programme électoral pour le moment. Il en fait pratiquement un argument de campagne en mettant l’accent sur la «réputation» de ses élus. Le président du conseil national a, par ailleurs, insisté sur la cohésion au sein de sa formation.

«Nous veillerons à ce que l’entente entre les membres du parti soit à son plus haut niveau parce que les divergences peuvent fragiliser considérablement une formation politique», a ajouté El Othmani. Alors que le parti de la lampe est réputé pour la discipline de ses membres, quelques incidents ont créé une tension au sein du parti ces derniers mois, notamment le cas du député Abdelaziz Aftati. Ce dernier a vu toutes ses responsabilités gelées au sein du PJD. Abdelilah Benkirane avait à plusieurs reprises manifesté son mécontentement quant aux agissements de l’élu «oujdi» avant sa suspension.

Stratégie rurale

Première force parlementaire avec une centaine de députés, le PJD veut clairement devenir une force électorale dans le monde rural. Mais au regard des résultats du parti depuis sa création, il a jusqu’ici été difficile de séduire les ruraux.

Le PJD veut aujourd’hui changer la donne grâce à une stratégie  élaborée par Abdelhaq Arabi, président de la commission centrale des élections au sein du parti. L’objectif est de cerner les spécificités des populations cibles et de maîtriser les techniques de campagnes en milieu rural. Le parti veut ainsi éviter les erreurs du passé lorsqu’il adoptait la même stratégie et campagne électorale à la fois pour le milieu urbain et rural. Le parti de la lampe veut aussi apprendre de ses échecs passés, notamment une faible présence dans la campagne marocaine.

La formation invoque également d’autres raisons comme la mauvaise impression inspirée par le PJD en milieu rural. Les responsables veulent aujourd’hui lutter contre cette image qui explique les résultats plutôt médiocres du parti de la lampe en milieu rural.

 

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