Décès de Abderrahmane El Youssoufi : une icône politique nous quitte

Décès de Abderrahmane El Youssoufi : une icône politique nous quitte

Le Maroc est en deuil. Le pays vient de perdre un symbole de toute une époque. L’ancien Premier ministre, Abderrahmane El Youssoufi, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à Casablanca, à l’âge de 96 ans.

L’homme politique a su traverser les étapes successives dans le milieu politique tout en restant fidèle à ses principes et son combat. Très tôt, ce natif de Tanger un 8 mars 1924, rejoint les rangs du mouvement national, alors qu’il était encore élève interne au Lycée Moulay Youssef de Rabat. Le défunt fut membre du secrétariat général de l’Union nationale des forces populaires, qui va devenir en 1975 l’Union socialiste des forces populaires (USFP), et rédacteur en chef de son organe « Attahrir » entre 1959 et 1965. L’homme politique rentre définitivement dans l’histoire du pays en étant chargé le 04 février 1998, par Feu SM le Roi Hassan II, de former le gouvernement d’alternance qu’il présentera au Souverain le 14 mars de la même année.

Après la mort de feu SM le Roi Hassan II, SM le Roi Mohammed VI le maintient à la tête du gouvernement en lui rendant un hommage remarquable.
Il a été reconduit dans ses fonctions de Premier ministre dans le gouvernement formé le 6 septembre 2000 et y restera jusqu’au 9 octobre 2002. Le gouvernement d’alternance qu’il a conduit à une étape charnière de l’histoire du pays, restera dans les annales comme étant un gouvernement qui a lancé de nombreux projets et initiatives politiques et économiques, destinés à réconcilier le grand public avec la politique.

Même si Me Youssoufi a officiellement pris sa retraite politique à la fin de son mandat à la tête du gouvernement d’alternance, il est resté respecté et écouté par ses pairs à la fois dans son propre parti, mais également dans le milieu politique. Avec sa longue expérience, il avait un regard perspicace et profond de la situation du pays mais également dans certains dossiers internationaux. Le grand public avait rendez vous il y a quelques mois, avec la publication de ses mémoires, co-dirigés avec certains de ses compagnons de route. Des mémoires riches en enseignements.

Il était un homme politique d’une classe particulière. Car rares sont les hommes politiques ayant gardé le respect et l’admiration de toute la nation et des hauts lieux même après la retraite. Ainsi et en 2016, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait inauguré à Tanger une avenue portant le nom du défunt, en hommage à son patriotisme.

En 2019, le Souverain, Chef suprême et Chef d’État-major général des FAR, avait présidé à Tétouan la cérémonie de prestation de serment de 1.839 officiers lauréats des différents instituts et écoles militaires et paramilitaires et officiers issus des rangs, dont 283 officiers femmes, et avait baptisé cette promotion du nom de Aderrahmane El Youssoufi, en hommage à ses principes immuables de patriotisme, d’attachement aux symboles sacrés de la Nation et à l’intégrité territoriale du Royaume.

L’ancien Premier ministre, Abderrahmane El Youssoufi avait été hospitalisé dimanche dans la clinique Cheikh Khalifah à Casablanca. Il avait été admis en réanimation suite à un problème de santé. Il a été inhumé ce vendredi même après la prière d’Addohr. Adieu Me Youssoufi. Vous resterez gravé dans nos mémoires à jamais. «Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons»

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