Elections, les alliances impossibles avant les résultats ?

Elections, les  alliances impossibles avant les résultats ?

L’expérience de la fédération de gauche, qui a volé en éclat, en dit long

La majorité des secrétaires généraux des partis politiques n’y va pas par quatre chemins: pas d’alliances politiques avant les élections. Pourtant, la loi au Maroc permet aux partis politiques désirant de fusionner aux élections de le faire. Les derniers mois ont été marqués par les profondes divergences au sein de l’une des dernières alliances politiques au pays, la fédération de gauche démocratique qui regroupe trois partis politiques et des associations.
A la veille des élections, le PSU, Parti socialiste unifié de Nabila Mounib, a décidé de faire cavalier seul dans les prochaines élections. Si le projet politique de la fédération démocratique visait à terme d’aller vers une fusion complète entre ses composantes , les derniers développements montrent comment les alliances politiques sont difficiles à mettre en place. Le Parti du progrès et du socialisme vient également de confirmer la mort de la fameuse Koutla qui regroupait en plus du PPS, l’Union socialiste des forces populaires et le parti de l’Istiqlal. Ce fut l’une des plus longues expériences politiques mais qui a volé en éclat au lendemain des élections de 2011.

Aujourd’hui, il devient pratiquement impossible de nouer des alliances politiques avant les élections puisque la majorité des expériences réalisées au cours des dernières années a tourné court. Selon les observateurs, il existe plusieurs éléments qui rendent les alliances politiques difficiles. Il y a tout d’abord les résultats après les élections qui peuvent différer. Ensuite, il existe une grande difficulté de coordonner l’action commune dans les circonscriptions. Ainsi, certaines expériences ont montré comment les partis membres d’une même alliance peuvent se disputer âprement les sièges.
Enfin, il est pratiquement impossible de coordonner l’action entre les membres des alliances à la fois à l’échelle nationale au niveau des deux Chambres parlementaires ainsi qu’au niveau local et dans les conseils communaux et préfectoraux. C’est pour cette raison que certaines alliances n’ont pas survécu à l’annonce des résultats des élections. Pourtant, les alliances politiques sont essentielles pour de nombreuses formations politiques.

A part les grands partis politiques, une dizaine au grand maximum, les autres ne parviennent jamais à couvrir toutes les circonscriptions électorales. Selon les statistiques dévoilées par le ministère de l’intérieur, l’un des partis politiques a présenté une seule liste de candidats pour le Parlement. Malgré les difficultés à couvrir toutes les circonscriptions, la majorité des partis évite de conclure des alliances politiques avant les élections. Autant dire que l’apparition d’alliances politiques fortes n’est pas pour demain. Il va falloir attendre les résultats des prochaines élections pour enfin découvrir l’identité des membres des prochaines alliances politiques à la fois aux niveaux local et national.

Couverture

Selon les listes de candidatures déposées avec accréditation des formations politiques au titre des circonscriptions électorales locales et régionales, le Parti de la justice et du développement (PJD), le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal (PI) et le Rassemblement national des indépendants (RNI) ont déposé 92 listes avec un total de 305 candidats chacun dans le cadre des circonscriptions locales et 12 listes chacun (90 candidats chacun) dans le cadre des circonscriptions régionales. De leur côté, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS) ont présenté 91 listes chacun, avec quelque 303 candidats pour l’USPF. Selon les mêmes données du gouvernement, l’Union marocaine pour la démocratie (UMD) a présenté 14 listes électorales locales (21 candidats) et aucune liste électorale régionale alors que le parti Al Ahd Addimocrati n’a présenté qu’une liste électorale locale (3 candidats), aucune liste électorale régionale.

 

Niveau local

Le nombre des candidatures déposées au niveau national, au titre de l’élection des membres des conseils des communes et d’arrondissements prévue le 8 septembre prochain, s’élève à 157.569, dont 62.793 sous forme de listes et 94.776 sous forme de candidatures individuelles, soit une moyenne nationale de près de 5 candidatures pour chaque siège, contre 130.925 candidatures en 2015, en hausse de plus de 20%, indique un communiqué du ministre de l’intérieur. Le nombre des candidatures féminines aux conseils des communes a marqué une hausse par rapport aux élections de 2015. Le nombre des candidates aux conseils des communes et des arrondissements pour le scrutin du 8 septembre 2021 s’élève à 47.060 (près de 30% du nombre global des candidatures), dont 23.191 candidates aux conseils de communes dont les membres sont élus au scrutin par liste et 23.869 dans les communes soumises au mode de scrutin individuel, ajoute le communiqué. Quant au nombre des conseillers communaux ayant présenté leurs candidatures aux élections communales du 8 septembre 2021, il s’élève à 21.744, soit 69% de l’ensemble des membres actuellement en fonction.

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