La chambre des Conseillers se met à l’Amazighe

La chambre des Conseillers se met à l’Amazighe

L’une des nouveautés introduites au règlement intérieur de la deuxième chambre

La prochaine session parlementaire pourra être différente à la chambre des Conseillers. Et pour cause : un nouveau règlement intérieur vient d’être adopté par les conseillers parlementaires. En attendant la validation par la Cour constitutionnel, le règlement en question prévoit des nouveautés de taille concernant notamment la langue amazighe.

Au programme : la traduction instantanée des travaux. Les responsables expliquent, dans ce sens, que des moyens seront mis à la disposition à la fois des Conseillers et des membres du gouvernement afin de s’exprimer et d’interagir en langue amazighe lors des travaux de la chambre haute du pays.

Cela dit, l’utilisation de cette langue officielle du Maroc se fera d’une manière progressive avec une période transitoire dans le but de permettre l’instauration d’un système permettant d’assimiler toutes les expressions linguistiques amazighes utilisées dans les différentes régions du Royaume. S’agissant des procès-verbaux et autres documents officiels de la deuxième chambre comme le bulletin officiel, il a été décidé d’assurer la transcription de leurs contenus en lettres tifinagh. Cette orientation est en phase avec la décision de la Cour constitutionnelle stipulant que «la signification de la langue amazighe, reconnue comme officielle et concernée par le texte de la loi organique, se réfère au tamazight standard unifiée, écrite et lue avec l’alphabet tifinagh».

La même source avait précisé que «la langue normative est la composante du produit linguistique et lexical de l‘Amazigh émis par les institutions et organes compétents, et à partir des différentes expressions amazighes locales, de manière équilibrée et sans exclusion aucune». Parmi les institutions reconnues à l’échelle nationale, il y a notamment l’IRCAM (Institut royal de la culture amazighe). Dans ce sens, les responsables n’excluent pas de faire recours aux experts de l’Institut pour les accompagner dans la mise en œuvre de ce nouveau dispositif. Il faut préciser que la constitution du pays stipule dans son article 5 que «(…) l’amazighe constitue une langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception. Une loi organique définit le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle».

Cette loi est entrée en vigueur en octobre 2019 suite à sa publication dans le bulletin officiel. Elle avait été déclarée quelques semaines auparavant par la Cour constitutionnelle, comme étant conforme à la constitution du pays. A noter, enfin, que l’article 69 de la loi fondamentale du pays dispose que « chaque Chambre établit et vote son règlement intérieur. Toutefois, il ne pourra être mis en application qu’après avoir été déclaré par la Cour Constitutionnelle conforme aux dispositions de la présente Constitution. Les deux Chambres du Parlement sont tenues, lors de l’élaboration de leurs règlements intérieurs respectifs, de prendre en considération les impératifs de leur harmonisation et leur complémentarité, de manière à garantir l’efficience du travail parlementaire».

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