Les banques «retail» sous la loupe des députés

Les banques  «retail» sous la loupe des députés

Othman Benjelloun, président du GPBM, attendu chez les parlementaires jeudi

Les regards vont se tourner ce jeudi vers la mission parlementaire provisoire relative aux organismes de crédits et établissements assimilés qui reçoit un invité de marque.

La mission parlementaire sur les banques accélère la cadence. Ce mardi, les membres de la mission parlementaire provisoire relative aux organismes de crédits et établissements assimilés ont annoncé une réunion avec le ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun. Il faut dire que plusieurs réunions programmées il y a quelques semaines avaient finalement été reportées. C’est le cas des rencontres avec les patrons de plusieurs organismes financiers publics reportées à une date ultérieure. Pour les parlementaires, il s’agit de reports et non pas d’annulations puisque les dates sont fixées selon l’agenda des responsables invités par la mission parlementaire provisoire.

Ainsi, des changements de dernière minute restent tout à fait possibles. De même, il est question d’ordre protocolaire. Autrement, il est d’usage de recevoir le responsable politique et gouvernemental compétent en premier avant de passer aux organismes placés sous sa tutelle. C’est désormais chose faite. Après la réunion avec le ministre des finances, de l’économie et de la réforme, les autres réunions avec les institutions publiques financières seront automatiquement reprogrammées dans les jours qui viennent. Cependant, les parlementaires de la première Chambre sont également dans le viseur de la galaxie financière privée. L’accent sera mis notamment sur les banques «retail» qui sont les établissements exerçant des activités de crédit et commercialisant des produits de placements auprès de clientèles individuelles comme les particuliers, les professions libérales, les commerçants, artisans ainsi que les petites et moyennes entreprises (TPME, PMI).

Dans ce sens, les regards vont se tourner ce jeudi vers la mission parlementaire provisoire relative aux organismes de crédits et établissements assimilés qui reçoit un invité de marque. En effet, les députés ont programmé demain jeudi une réunion avec Othman Benjelloun, président du GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc). Cette figure de la finance au Maroc durant les dernières décennies rencontre les parlementaires pratiquement une année après une première entrevue. Pour rappel, le président du GPBM avait pris part, en janvier 2020, à un événement organisé au Parlement.

A l’époque, M. Benjelloun n’avait pas manqué dans une allocution de rappeler certains faits marquants concernant le secteur bancaire. Il avait dans ce sens insisté sur le fait que «les crédits bancaires ont atteint 900 milliards de dirhams, soit douze fois le niveau enregistré en 1999» et que le taux de bancarisation avait atteint 61% contre 25% il y a 20 ans» sans oublier de préciser que «le secteur bancaire est le premier contributeur fiscal, avec 15 milliards de dirhams d’impôts (en 2019)». Si les deux parties auront l’occasion d’échanger sur les chiffres actualisés des performances bancaires en 2020, d’autres questions devraient être soulevées. Il y a tout d’abord le niveau des taux d’intérêt pratiqués sur le marché, les risques d’entente mais également et surtout le transfert des mesures prises dans le cadre de la politique monétaire (baisse du taux directeur, assouplissement des règles prudentielles, facilité de financement et refinancement auprès de la banque centrale) sur le marché national et les produits commercialisés au grand public.

Mission

Fin 2019, l’idée de la création d’une mission parlementaire sur le secteur bancaire émerge. Autrement, la décision de former une mission d’information sur le secteur bancaire remonte avant la crise. Dans le détail, la première Chambre parlementaire annonce en janvier 2020 la création d’une mission. En mars de la même année, cette dernière tient sa première réunion. Le cadre général de la mission est ainsi fixé. Les députés veulent examiner les répercussions de la crise sanitaire mais également et surtout le transfert des mesures prises par BAM en faveur des banques en matière de financement, au secteur économique et aux entreprises. Les parlementaires veulent à travers cette mission procéder à des visites de terrain auprès de la tutelle, à savoir le ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration en plus de Bank Al-Maghrib (BAM) sans oublier la Trésorerie générale du Royaume (TGR). D’autres organismes figurent dans la liste des visites des parlementaires, notamment le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), la Caisse centrale de garantie (CCG) ainsi que les différents établissements bancaires.

Taux bas

L’année 2020 avait été marquée par la commercialisation pour la première fois de produits bancaires à des taux très bas dans le cadre du programme intégré d’appui et de financement des entreprises.
Un programme qui s’articule autour de trois principaux axes, à savoir le financement de l’entrepreneuriat, la coordination des actions d’appui et d’accompagnement de l’entrepreneuriat au niveau des régions et l’inclusion financière des populations rurales. Dans le cadre de ce programme, le secteur bancaire avait décidé de plafonner à 2% le taux d’intérêt, ce qui représente le plus bas taux jamais appliqué au Maroc.

Concernant le monde rural, le plafond sera de 1,75% et ce malgré le «risque crédit» plus élevé du fait de l’étroitesse du marché, la sensibilité aux aléas climatiques et aux fortes variations des prix des produits agricoles. Cela dit, ce résultat avait été rendu possible grâce à l’implication directe du Souverain qui avait émis le souhait que des produits financiers accessibles à un grand nombre de bénéficiaires soient proposés sur le marché national.

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