Régionalisation : Acte II

Régionalisation : Acte II

L’année 2019 a été marquée par l’organisation des premières Assises sur ce chantier stratégique

L’application effective de la régionalisation avancée, de ses principes théoriques comme de ses modalités pratiques reste tributaire de la mise en place d’une politique régionale clairement définie et réalisable en matière économique, sociale, culturelle et environnementale.

Le Maroc mise gros sur le chantier de la régionalisation. Une décennie après la mise en œuvre de ce projet stratégique, le pays entend donner un second souffle aux régions. Dans ce sens, l’année 2019 a connu l’organisation des premières Assises de la régionalisation avancée à Agadir. Deux jours durant, environ 1.400 participants à ce conclave, organisé par le ministère de l’intérieur et l’Association des Régions du Maroc, ont planché sur le bilan d’étape de la mise en œuvre de ce projet d’envergure, l’application de la charte nationale de la déconcentration administrative, l’identification des défis et le partage des bonnes pratiques. L’événement a surtout été marqué par le message royal adressé aux participants de ces Assises.

C’est une véritable feuille de route claire et précise pour la prochaine étape de mise en œuvre de ce chantier.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a ainsi invité les Régions à faire une évaluation d’étape pour redresser le cap dans la définition des projets prioritaires et leur hiérarchisation, ainsi que dans l’élaboration d’une architecture renforcée des projets programmés et de leur montage financier, soulignant que «le but ultime est de garantir l’efficacité de ces projets et de parvenir à faire converger les différentes politiques et les divers programmes publics au niveau régional». SM le Roi a aussi mis en exergue l’importance de mettre à profit les mécanismes contractuels établis entre les Régions, l’État et le reste des intervenants en vue d’élaborer et de mener à bien les projets de développement prioritaires.

L’application effective de la régionalisation avancée, de ses principes théoriques comme de ses modalités pratiques reste tributaire de la mise en place d’une politique régionale clairement définie et réalisable en matière économique, sociale, culturelle et environnementale, a souligné Sa Majesté le Roi. Il faut dire que l’un des moments forts de ces Assises a été la signature du cadre d’orientation pour la mise en œuvre de l’exercice des compétences des régions, entre des membres du gouvernement et les 12 présidents des conseils régionaux du Royaume.

L’objectif de ce cadre d’orientation est de tirer profit des conclusions de l’étude relative à la définition des compétences propres et communes des régions, et partant accélérer l’exercice de ces compétences ainsi que l’adhésion de toutes les parties au processus de mise en œuvre, en droite ligne avec les compétences de chaque région et ses moyens financiers et humains disponibles.

Pour ce faire, le cadre définit les moyens de coopération et de partenariat entre les parties prenantes dans un cadre contractuel soulignant les engagements des parties sous forme de contrats programmes entre chaque région et le département gouvernemental concerné, le but étant de mettre en œuvre les compétences propres et communes de la région, tout en veillant à leur adéquation avec le programme de développement régional et des stratégies sectorielles y afférentes.

Les thématiques des ateliers ont été, en effet, choisies de manière à toucher à tous les volets liés à la mise en œuvre de ce chantier.

Ainsi, les panélistes ont passé au crible une série de sujets liés au développement régional intégré entre les impératifs de la réduction des disparités territoriales, aux enjeux de la compétitivité et l’attraction de l’investissement, à la gouvernance financière et aux problématiques de financement des régions entre enjeux et perspectives, à la déconcentration et la contractualisation, en s’arrêtant notamment sur les piliers d’une bonne gouvernance de l’action publique territoriale.

Au terme de ces échanges, une série de conclusions et de recommandations a  couronné les travaux des six ateliers thématiques des Assises.

Des appels ont ainsi été lancés en faveur du renforcement des mécanismes de la planification territoriale en droite ligne avec la politique générale de l’Etat en la matière, l’adoption de la justice territoriale, la conclusion des contrats programmes entre l’Etat et les collectivités territoriales en matière de compétences transférées et le renforcement des capacités des collectivités territoriales.

L’accent a également été mis sur la nécessité de promouvoir les capacités de gestion de la région, à travers des compétences hautement qualifiées dans son domaine de compétences et la mise en œuvre de ses structures organisationnelles, et sur la mise en place des mécanismes de la gouvernance et activer les mécanismes de coordination et de communication entre l’administration de la région et les différents intervenants.

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