Politique

Retraites : Que vaut vraiment la plainte des syndicats

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Les syndicats franchissent un nouveau palier dans la confrontation avec le gouvernement. Les réponses du chef de gouvernement au sujet de la réforme des retraites au Parlement n’ont pas plu aux centrales du pays. Quelques heures seulement après le passage de Benkirane au Parlement, quatre syndicats ont annoncé une batterie de nouvelles mesures de protestation.

L’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération marocaine du travail (CDT), la Fédération marocaine du travail (FDT) et l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) ont décidé de porter plainte contre le gouvernement auprès de l’OIT (Organisation internationale du travail) au sujet du projet de réforme. «Les dirigeants des quatre centrales syndicales ont décidé de déposer une plainte contre le gouvernement auprès de l’OIT en raison du non-respect par l’Exécutif de la convention internationale 98 relative à la négociation collective ainsi que la déclaration de l’OIT concernant les droits sociaux et économiques ratifiés par le Royaume», affirment les dirigeants syndicaux. Mais que vaut vraiment cette nouvelle initiative ? Que risque réellement le gouvernement Benkirane ? Il faut dire que la plainte des syndicats auprès de l’OIT relève plus du symbolique.

L’Organisation ne peut pas interférer dans un processus politique intérieur d’un pays souverain mais elle pourra demander des explications au gouvernement au sujet de la plainte. C’est sans nul doute la raison pour laquelle les centrales syndicales concernées annoncent d’autres actions de protestation.

Si la grève générale demeure toujours une option sérieuse sans l’annonce d’une date pour autant, les syndicats annoncent un sit-in devant le Parlement le 12 janvier prochain.
«D’autres mesures accompagnatrices seront annoncées au moment opportun», promettent les syndicalistes. Ces derniers ont, au même temps, gelé leurs participations dans tous les conseils d’administration et les instances représentatives sauf la Chambre des conseillers.

Les institutions concernées par cette décision sont notamment la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), le Conseil supérieur de la fonction publique, le Conseil de la médecine du travail, le Conseil de la négociation collective et l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT).

Le gel de la participation aura lieu pour une période limitée qui n’a pas été précisée. Par ailleurs, les quatre centrales comptent envoyer des mémorandums à tous les secrétaires généraux des partis politiques. «Les mémorandums sont destinés à expliquer comment le gouvernement semble mener le pays vers une impasse politique et les résultats que cette situation peut engendrer», concluent les syndicalistes.

De son côté, le gouvernement reste inflexible. La réforme paramétrique de la Caisse marocaine des retraites (CMR) aura lieu. Le chef de gouvernement s’y est déjà engagé quel que soit le prix politique et populaire à payer.

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