Une task force pour la réforme de santé

Une task force pour la réforme de santé

Un comité spécial parlementaire travaillera avec le gouvernement et le ministère de tutelle

La réforme promise devra faire un consensus, notamment avec les praticiens et leurs représentants. La partie est loin d’être gagnée surtout en raison des divergences au sein de la profession elle-même.

Pas moins de 18 propositions de loi se trouvent au Parlement avec un seul point commun : la santé. L’institution législative fait face à une avalanche de textes de loi particulièrement depuis le début de la pandémie du coronavirus. C’est la raison pour laquelle la Chambre des représentants vient de prendre une décision stratégique durant les dernières heures. Il s’agit de la mise en place d’une commission spéciale qui va superviser le chantier stratégique de la réforme du système de santé au Maroc. Certes, les députés projettent d’accorder un grand intérêt aux projets et propositions de loi concernant les domaines économiques et sociaux impactés par la pandémie du Covid-19 mais de grands efforts seront particulièrement concentrés sur le système de santé et sa réforme promise.

Les parlementaires semblent pour le moment décidés à y aller plus vite. Le sujet était ainsi au centre d’une réunion entre le président de la Chambre des représentants et les présidents des groupes et groupements parlementaires. «Les participants à la réunion ont examiné le «stock» législatif des projets de loi et des propositions et se sont notamment penchés sur ceux liés aux besoins de la phase actuelle qui nécessite des textes législatifs sur les domaines social et économique», apprend-on auprès du bureau de la Première Chambre. «L’accent a également été mis sur la législation de la santé sous toutes ses formes professionnelle, sociale et institutionnelle. Il a été dans ce sens convenu de former un comité spécial pour développer une vision intégrée de la réforme législative attendue, en coopération et avec l’implication du gouvernement ainsi que le département ministériel concerné», précise la même source. Il faut dire que la multitude des initiatives législatives soumises au Parlement durant les dernières semaines, bien qu’ayant comme principal objet la santé, traite des domaines aussi larges que variés. Les textes vont de la création d’un conseil consultatif, à la réforme de la loi sur la couverture médicale, en passant par la règlementation de la pratique de la médecine générale et même dentaire. Reste à savoir si ce chantier aboutira dans les meilleurs délais puisque la priorité est accordée actuellement à la gestion des effets directs de la crise sanitaire liée à la propagation de la pandémie du coronavirus dans le monde d’une manière générale et au Maroc en particulier.

La réforme promise devra faire un consensus, notamment avec les praticiens et leurs représentants. La partie est loin d’être gagnée surtout en raison des divergences au sein de la profession elle-même. Il y a quelques jours, des syndicats de professionnels de la santé se sont désolidarisés de l’Ordre national des médecins qui représente pourtant et théoriquement toute la profession, après la publication d’un communiqué dans lequel l’Ordre demande à l’Etat des aides financières et des exemptions fiscales durant cette période. Dans la même lettre, l’Ordre expliquait que «l’ouverture de cliniques et de cabinets implique un engagement financier lourd devant peser sur les professionnels». La publication de cette lettre avait provoqué une polémique, ce qui a poussé la médecine privée à renier tout lien avec cette initiative. Pas moins de quatre syndicats et associations, représentant l’ensemble du secteur libéral, ont annoncé publiquement «qu’ils n’ont jamais sollicité l’Ordre des médecins sur quelconque aide ou intervention de quelque nature que ce soit». Par ailleurs, les parlementaires pourraient explorer également les pistes de financement du secteur de la santé.

Il faut préciser que la création du Fonds spécial de lutte contre le coronavirus devrait servir en partie à financer l’effort budgétaire supplémentaire accordé au ministère de la santé. Ainsi, deux milliards de dirhams avaient déjà été débloqués par le Fonds pour le renforcement du dispositif médical du Maroc. Ce montant a servi essentiellement à l’achat d’équipement médical et hospitalier (1.000 lits de réanimation, 550 respirateurs, 100.000 kits de prélèvements, 100.000 kits testeurs, équipement de radiologie et imagerie…) et à l’acquisition de médicaments (produits pharmaceutiques et consommables médicaux, réactifs, gaz médicaux…) sans oublier le renforcement des moyens de fonctionnement du ministère de la santé (indemnités au personnel soignant, désinfection et nettoyage, carburant…).

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