Dimanche matin, la circulation est assez dense à Talaâ Sghira, quartier commercial de l’ancienne médina. On peut repérer facilement, grâce à l’appel des couleurs, de petites boutiques de marchands des tableaux d’art tout au long de ce quartier, et plus précisément à Souiket Bensalem. Là, nous nous retrouvons bien loin de la sophistication des galeries d’art du centre-ville.
Dans la petite boutique tenue par Driss El Bouzidi, on retrouve des tableaux de fantasia, d’objets typiquement marocains. On dirait que ce monsieur au regard sombre ne se fatigue pas au milieu de ce pêle-mêle. Pour lui, «beaucoup de marchands et d’artisans se sont convertis à ce commerce. En vendant ces tableaux d’art, on encourage les jeunes talents qui n’ont pas les moyens d’exposer leurs œuvres dans les grandes galeries d’art».
La clientèle de ces marchands est cosmopolite : des touristes de toutes les nationalités qui veulent acheter quelques souvenirs du Maroc, mais surtout des Marocains résidant à l’étranger (MRE) qui constituent la clientèle la plus fidèle de ce genre de produits.
Cependant, peut-on dire que le commerce des tableaux d’art prospère? Pour M. El Bouzidi, «les Marocains achètent plus que les touristes en général. Ceux-ci se dirigent plus vers les produits de la maroquinerie». Tout en précisant : «C’est pendant les périodes des vacances que le marché des peintures connaît une véritable résurrection».
Pour Nabil, qui vend des articles de broderie fassie tout près : «Il y a des gens qui sont passionnés pas ce genre de tableaux. Ils en achètent beaucoup et, à chaque fois qu’ils en ont envie, ils en changent tout en préservant ceux qu’ils avaient auparavant». La clientèle est donc au rendez-vous.
«Mais si seulement les vendeurs étaient solidaires ! C’est de la concurrence déloyale dont nous souffrons le plus et pas d’autre chose», déclare Moustapha Mountacir qui tient un bazar au même quartier et qui vend lui aussi des tableaux d’art.
Un client qui négociait le prix d’un tableau de la ville de Chefchaouen nous confie pour sa part que le prix en général des tableaux est très encourageant. Pour lui, ces œuvres d’art, dont le prix varie entre 80 et 350 DH, doivent faire l’objet de promotion et de publicité.
Mais apparemment, ce marché si convoité en Europe et dans le monde entier souffre d’un manque d’organisation et d’une faible représentativité institutionnelle. Certes, dans la plupart des cas, les simples marchands de tableaux ne sont pas si connaisseurs en matière d’art.









