D’après la DRA de la région de Beni Mellal-Khénifra, après sept années de sécheresse consécutives, la région de Béni Mellal-Khénifra, comme l’ensemble des régions du Royaume, a connu des précipitations exceptionnelles, ravivant l’espoir chez les agriculteurs. En effet, d’importants volumes de pluie dans les plaines, ainsi que des enneigements épais sur les sommets de la région, notamment à Béni Mellal et à Azilal, dépassant 1,90 mètre, ont marqué les mois de décembre et de janvier et persistent à ce jour.
Ces précipitations ont rompu avec la séquence des années sèches et même avec le début de la campagne agricole 2025-2026, dont le cumul pluviométrique à la fin du mois de novembre 2025 n’a guère dépassé 28,7 mm, avec un mois d’octobre pratiquement sec. Dans ce contexte, la région de Béni Mellal-Khénifra, qui compte cinq provinces, à savoir Béni Mellal, Fquih Ben Salah, Khénifra, Khouribga et Azilal, a enregistré un cumul moyen de 325 mm, dont 154 mm en décembre et 142,5 mm au cours du mois de janvier. Cela représente un dépassement de l’ordre de 309% par rapport à la même période de la campagne précédente, qui avait enregistré 79,5 mm, ainsi qu’un surplus de 107,5% par rapport à la moyenne des trente dernières années estimée à 156,6 mm. Il est également à signaler que les fortes précipitations enregistrées récemment ont provoqué l’éclosion de plusieurs sources d’eau, notamment près d’Aghbala et de Tizi Nisli.
Concernant la situation des barrages, les taux de remplissage des neuf barrages de la région, dont les deux principaux desservant les grands périmètres irrigués, à savoir Bin El Ouidane et Chahid Ahmed El Hansali, ont connu une amélioration notable par rapport à la dernière campagne agricole. Bien que demeurant inférieures à la normale, les réserves de ces deux barrages se sont nettement améliorées, avec des taux de remplissage respectifs de 29% et 49%, contre 5,8% et 4,4% à la même période de la campagne précédente.
Les fortes précipitations enregistrées à la fin du mois de décembre et au début du mois de janvier ont suscité un engouement important chez les agriculteurs, qui ont profité des accalmies pour installer les cultures. Ainsi, la superficie emblavée en céréales d’automne s’élève à 390.184 hectares, dont 43.408 hectares en irrigué, contre 292.728 hectares à la même date lors de la campagne 2024-2025, soit une augmentation de 33%. Cette superficie devrait encore s’améliorer avec le retour du beau temps, notamment grâce aux semis tardifs dans les zones montagneuses où cette opération peut se poursuivre jusqu’à la fin du mois en cours. La superficie consacrée à la multiplication de semences sélectionnées de céréales atteint, quant à elle, 3.961,5 hectares. La superficie emblavée en betterave à sucre s’élève à 10.470 hectares, contre 7.204 hectares lors de la campagne précédente, soit une hausse de plus de 45%. Cette culture présente un état végétatif et sanitaire prometteur, laissant présager une bonne campagne betteravière.
Pour les cultures maraîchères, la superficie réalisée en maraîchage d’automne, achevée le 15 décembre, a atteint 1.128 hectares. Le maraîchage d’hiver, qui a débuté le 15 décembre et se poursuivra jusqu’au 15 mars, a démarré sur une bonne dynamique, favorisée par les dernières pluies, avec une superficie réalisée de 1.707 hectares, dont 596 hectares d’oignon, 348 hectares d’ail, 216 hectares de fève et 250 hectares de petit pois. Les cultures déjà installées continueront de bénéficier des effets des précipitations récentes et à venir, ce qui encouragera les agriculteurs à poursuivre l’installation des cultures d’hiver puis celles du printemps, contribuant ainsi à un approvisionnement satisfaisant du marché national.
Les dernières précipitations auront également des retombées positives sur le secteur de l’élevage. Elles favoriseront la reprise de la strate herbacée des parcours de plaine, constituant une ressource fourragère utilisable dès le mois de mars. Elles contribueront également à la stabilité des prix des aliments, en particulier des aliments grossiers durant le mois de janvier, avec une probable baisse à partir du mois de février. Pour les petits ruminants, une légère augmentation des prix des animaux d’élevage est attendue, tandis que les prix des animaux destinés à l’abattage devraient rester stables avec une tendance à la baisse, en raison de l’amélioration des parcours. Les prix des bovins d’élevage et de boucherie devraient, quant à eux, demeurer stables.
En conclusion, ces dernières précipitations ont eu un impact positif sur l’ensemble des cultures en place ainsi que sur l’état des parcours. En cas de persistance d’une bonne répartition des pluies et des chutes de neige dans le temps et dans l’espace au niveau de la région, la situation hydrique, tant superficielle que souterraine, devrait s’améliorer dans les jours et les semaines à venir, grâce à la continuité des écoulements alimentant les barrages, à la fonte des neiges et aux infiltrations favorisant la régénération des nappes fortement affectées par le stress hydrique. Cette évolution permettra de satisfaire les besoins en eau des cultures existantes et d’en installer de nouvelles, augurant ainsi d’une bonne campagne agricole 2025-2026, susceptible de faire oublier les années de sécheresse précédentes.









