Près de 600 millions de m3 d’eaux usées sont produites annuellement au Maroc, dont uniquement 8% sont épurées. 100 000 tonnes/jour de déchets solides produisant 12.500 m3/j de lixiviats sont évacués dans le milieu récepteur sans aucun traitement préalable. Ce constat alarmant a été présenté au cours du congrès international sur l’eau et les déchets, organisé par la faculté des sciences de l’Université Mohamed Premier les 22 et 23 novembre.
Une manifestation qui a porté sur trois axes ayant trait aux eaux usées, aux déchets solides et à la pollution agricole diffuse. 132 comptes-rendus affichés, une soixantaine de communications orales et 300 participants inscrits ont passé au peigne fin les problèmes et présenté les avancées scientifiques à ce sujet. Ce congrès a aussi permis aux chercheurs locaux d’avoir une expertise et un transfert de savoir-faire avec d’autres scientifiques venus de Suède, Belgique, France, Liban et des universités maghrébines.
Parmi les résultats présentés, l’inventaire des sites de stockage des pesticides au Maroc révèle que les quantités de pesticides POP sont estimées à 39,2 tonnes et ceux périmées (non POP) à environ 700 tonnes. Une vraie menace si elle n’est pas gérée à temps.
Au-delà des communications à caractère scientifique, a expliqué Mohamed Sbaa, coordonnateur de ces journées et enseignant à la faculté des sciences d’Oujda «il s’agit d’une ouverture sur l’environnement socio-économique de la région».
Les travaux exposés sont axés essentiellement sur la recherche appliquée. Recherche destinée à être valorisée directement par les gestionnaires dans le domaine des déchets solides tels que les communes urbaines, les sociétés qui travaillent dans le cadre de l’exploitation des centres de décharges et enfouissement technique et également les gestionnaires dans le domaine de l’eau telle que la RADEO. Cette dernière peut exploiter à bon escient les recommandations pour la gestion de la future station de la ville d’Oujda.
Il ressort des débats que l’Oriental est doté d’un important potentiel hydrologique de surface et souterrain qui sert à l’alimentation en eau potable les agglomérations, l’industrie et l’irrigation des terres agricoles de Trifa (province de Berkane) et Bouarg (province de Nador). Cependant, ce potentiel est menacé à cause des pollutions engendrées par la production croissante des eaux usées, des déchets solides et l’utilisation excessive d’engrais et pesticides. Situation aggravée par les conditions climatiques allant de l’aride au semi-aride. Ce qui menace l’équilibre déjà fragilisé des écosystèmes hydriques.
Les recherches réalisées dans ce domaine sont destinées à répondre aussi à la demande des partenaires et à l’attente des citoyens dans le domaine de l’eau, à l’instar de l’Agence de développement de l’Oriental, l’Agence du bassin hydraulique de la Moulouya, l’Office de Berkane, la RADEO, l’inspection de l’aménagement du territoire et les communes urbaines et rurales. Les travaux en commun, réalisés dans le cadre du centre de recherche scientifique et technologique, initiés par l’Université Mohamed Premier ont permis de restituer aux partenaires des recherches ciblées pour qu’ils les utilisent au lieu de faire appel à des bureaux d’étude très coûteux. A ce propos, plusieurs études telles que celles réalisées sur les décharges sauvages et une autre sur l’enfouissement technique ont été exploitées par la commune urbaine d’Oujda. D’autres rapports sur la pollution agricole diffuse au niveau de la plaine de Trifa ont été utiles à l’Agence du bassin de la Moulouya.









