La deuxième nuit du festival du raï a été tout simplement exceptionnelle. Lakhdar El Oujdi était acclamé par tout le public à tel point qu’il n’a pu se frayer un chemin face à ces nombreux projecteurs. Le chanteur au riche répertoire folklorique, dont les célèbres chansons «Anna ma cheftou ma tsamehte maâh» et «Oujda elhemmiya», a eu droit à un bain de foule et ses nombreux fans ont chanté avec lui en concert en reprenant les refrains. Lakhdar, très ému sur scène, a laissé son énergie exploser devant le micro.
De leurs côtés, Cheba Nawal et Hassan El Hassani ont enflammé la place Moulay El Hassan par leurs succès respectifs. La Reggada et Laâlauoi n’ont pas fait exception à la règle en faisant bouger les spectateurs les plus retenus. Tout le boulevard Mohammed V a vécu une atmosphère festive qui a, tout d’un coup, apaisé la morosité des années sans festival. «Je viens de rentrer de Belgique pour passer mes vacances. Ma joie est immense en assistant à ce festival qui va certainement inciter d’autres Marocains résidents à l’étranger à l’inscrire sur leur agenda de vacances», déclare Hamid El Bali, jeune étudiant marocain en Belgique.
Que de grands moments, la troupe légendaire Nass El Ghiwane a su tenir le public en haleine grâce à ses succès. Certes, le temps a eu raison des enfants prodiges du groupe, mais l’esprit ghiwane est toujours intact. Source d’inspiration des plus grands comme Jimi Hendrix, Bob Marley et Robert Plant, le ghiwane ne tarit pas de créativité. Cheb Khaled, lui aussi, a essayé de s’en inspirer à ses débuts avant que les autorités de son pays ne le lui interdisent l’imitation des artistes marocains. Le secret de la réussite réside dans des textes riches en connotations imagées. En somme, un groupe mythique dont chaque chanson est un univers vécu et chanté par des fans inconditionnels qui dépassent les dix mille. Des mots pour accrocher et une musique de transe pour déclencher les mouvements du corps. «Ce qui est magnifique, c’est que cette musique puise ses rythmes du répertoire gnaoui. D’autres rythmes sont empruntés aux H’madcha, aux Aïssawa ou aux berbères de l’Atlas et du Souss. Le tout est joué sur des instruments acoustiques traditionnels comme le tamtam, le bendir, le guembri et le banjo», souligne Omar Essayed, un pilier du groupe.









